MAN­CHES­TER BY THE SEA PAR KEN­NETH LO­NER­GAN

L'Obs - - Critiques - P. M.

Co­mé­die dra­ma­tique amé­ri­caine, avec Ca­sey Af­fleck, Mi­chelle Williams, Kyle Chand­ler (2h17).

Une su­perbe com­po­si­tion de Ca­sey Af­fleck (pho­to ci-des­sous), en tête d’une dis­tri­bu­tion ex­cel­lente, par­fait la réus­site du troi­sième film de Ken­neth Lo­ner­gan, le scé­na­riste des deux « Ma­fia Blues » et le co­au­teur de « Gangs of New York », de Scor­sese. L’ac­teur y in­carne Lee Chand­ler, qui vit en so­li­taire à Bos­ton, où il est em­ployé en qua­li­té d’homme à tout faire, pein­ture, plom­be­rie et le reste. La mort sou­daine de son frère aî­né ado­ré, Joe, le ra­mène à Man­ches­ter­by-the-Sea, pe­tite ville du Mas­sa­chu­setts qu’il a fuie au len­de­main de l’échec de son ma­riage avec Ran­di, s’éloi­gnant ain­si des siens. Dé­sor­mais seul homme adulte de la fa­mille, il prend en charge son neveu, un ado­les­cent sou­cieux sur­tout de ce que la pré­sence de Lee ne l’em­pêche pas de conti­nuer à jouer au ho­ckey et à cou­rir les filles. Conçu et des­si­né avec beau­coup d’in­tel­li­gence, le scé­na­rio pro­cède par ré­vé­la­tions suc­ces­sives, au prix de fla­sh­back qui té­moignent d’un art re­mar­quable de l’el­lipse, dé­voi­lant pro­gres­si­ve­ment les cir­cons­tances qui ont conduit à l’éloi­gne­ment et à l’iso­le­ment de Lee. L’at­mo­sphère hi­ver­nale, lu­mières froides, cou­leurs éteintes, est par­fai­te­ment res­ti­tuée. Elle s’ac­corde aus­si bien à la per­son­na­li­té de Lee, un tai­seux qui, par crainte de souf­frir de nou­veau, re­fuse de s’im­pli­quer, qu’à la to­na­li­té de l’en­semble, mar­quée par la vo­lon­té de l’au­teur de ne pas consen­tir à ce que son film se laisse dé­bor­der par les sen­ti­ments forts qu’il fait naître et dé­peint. Une très jo­lie réus­site.

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