Un sé­na­teur UMP touche au gris­bi

L'Obs - - Le Téléphone Rouge - VIO­LETTE LAZARD

Re­traits d’ar­gent li­quide, chèques dis­tri­bués sans mo­tif… L’a aire des dé­penses du groupe UMP au Sé­nat ne fait que com­men­cer. D’après nos in­for­ma­tions, Jean-Claude Carle (pho­to), sé­na­teur de la Haute-Sa­voie et an­cien tré­so­rier du groupe UMP au Sé­nat, a été mis en exa­men fin no­vembre pour dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics. De­puis plus de deux ans, la jus­tice s’in­té­resse à des mou­ve­ments de fonds sus­pects de 400 000 eu­ros entre, no­tam­ment, le groupe UMP et les comptes de l’Union ré­pu­bli­caine du Sé­nat (URS), l’une des com­po­santes de la fa­mille cen­triste. En tant que tré­so­rier, Jean-Claude Carle au­rait re­mis entre 2009 et 2012 de l’ar­gent à une tren­taine de sé­na­teurs de droite. « Le sys­tème exis­tait de­puis long­temps, ex­plique son en­tou­rage. Lui n’a rien tou­ché, et cet ar­gent a ser­vi à fi­nan­cer la vie po­li­tique. » Des cam­pagnes, des dé­pla­ce­ments… ou plu­tôt des com­plé­ments de sa­laires per­son­nels? Mys­tère. Les ca­gnottes par­le­men­taires, ali­men­tées par des sub­ven­tions (3,7 mil­lions d’eu­ros ont, par exemple, été ver­sés au groupe UMP du Sé­nat en 2012), ne sont pas sou­mises à la pu­bli­ca­tion de comptes. Plu­sieurs sé­na­teurs ayant bé­né­fi­cié de cet ar­gent pour­raient main­te­nant être en­ten­dus par le juge d’ins­truc­tion. En plus du dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics, de l’abus de confiance et du blan­chi­ment, le par­quet de Pa­ris vient d’élar­gir l’en­quête à des faits de « re­cel de dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics ».

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