DANS TOUTE L’EU­ROPE, LA PÉ­NU­RIE MINE L’AR­RIÈRE

L'Obs - - En Couverture - T. V.

L’hi­ver 1917 marque un net dur­cis­se­ment de la vie à l’ar­rière, d’au­tant que les nou­velles du front ne sont bonnes nulle part. A Londres, des af­fiches ap­pellent à res­treindre le pain, le sucre et la viande. La si­tua­tion est dra­ma­tique à Berlin et à Vienne, où le ra­tion­ne­ment est dé­jà lan­cé de longue date pour cause de ré­coltes ca­la­mi­teuses. La ran­coeur en­vers les pro­fi­teurs de guerre – in­dus­triels, com­mer­çants – frappe par­tout. Des ré­gions fran­çaises re­montent des rap­ports pré­fec­to­raux alar­mistes qui sou­lignent le « désar­roi mo­ral », l’« al­té­ra­tion pro­fonde » de l’opi­nion. Allemagne et Grande-Bre­tagne connaissent des mou­ve­ments de grève plus im­por­tants qu’en France. En Ita­lie, des émeutes contre la faim sont du­re­ment ré­pri­mées en août à Tu­rin. Dans chaque camp, les au­to­ri­tés se per­suadent que la guerre doit vite se ter­mi­ner sous peine d’une explosion so­ciale. Dès jan­vier, un rap­port de po­lice par­vient au mi­nis­tère de l’In­té­rieur russe: « Les mères de fa­mille, épui­sées par les queues in­ter­mi­nables dans les ma­ga­sins, usées par la souf­france, se rap­prochent de la ré­vo­lu­tion. » Le mois sui­vant, les ma­ni­fes­ta­tions des ou­vrières de Pe­tro­grad dé­clenchent la pre­mière ré­vo­lu­tion russe.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.