Le té­lé­phone rouge

L'Obs - - Sommaire - SERGE RAFFY

Fran­çois Hol­lande, en cette fin d’an­née, n’en fi­nit pas de res­sas­ser la tra­hi­son de ce­lui qu’il consi­dé­rait comme son hé­ri­tier po­li­tique, Em­ma­nuel Ma­cron. A l’Ely­sée, le chef de l’Etat ré­pète à tous ses vi­si­teurs que, jus­qu’au bout, il ne croyait pas à la dé­cla­ra­tion de can­di­da­ture à l’élec­tion présidentielle de son an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie. Pour le pré­sident, ha­bi­tué de­puis tant d’an­nées à toutes les tra­hi­sons, celle de son « fa­vo­ri » a été le « coup de

poi­gnard de trop », a-t-il confié. C’est à par­tir de cette date qu’il au­rait pris la dé­ci­sion de je­ter l’éponge. Le 16 no­vembre, alors qu’il ren­trait de la COP22, le som­met mon­dial sur le cli­mat de Mar­ra­kech, au­réo­lé d’un suc­cès pla­né­taire, Fran­çois Hol­lande a pris l’an­nonce de son ex-pro­té­gé comme le signe d’un che­min im­pos­sible pour lui. A ses proches, il a avoué qu’il avait eu tort de jouer la montre avec Ma­cron, en es­pé­rant un ul­time sur­saut de fi­dé­li­té de son an­cien mi­nistre. « Il pou­vait le mettre dans une po­si­tion im­pos­sible en se dé­cla­rant avant lui, ré­sume un col­la­bo­ra­teur. Hol­lande can­di­dat, Ma­cron se­rait ap­pa­ru comme le traître ab­so­lu, un pe­tit Bru­tus des beaux quar­tiers, car c’est, au fond, ce­lui avec qui Hol­lande en­tre­te­nait une re­la­tion qua­si fi­liale. Ce qui n’était pas le cas de Valls, dont il se mé­fiait de­puis ses dé­buts à Ma­ti­gnon. » Hol­lande, trop tendre ?

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