Mou­rir à la plage

SANS VÉ­RO­NIQUE, PAR AR­THUR DREYFUS, GAL­LI­MARD, 256 P., 19,50 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Le nou­veau ro­man de l’hy­per­ac­tif Ar­thur Dreyfus – cet écri­vain tren­te­naire est aus­si jour­na­liste, cri­tique de ci­né­ma, scé­na­riste pour la té­lé­vi­sion, ani­ma­teur à la ra­dio, au­teur de sketchs pour Anne Rou­ma­no et ma­gi­cien spé­cia­li­sé dans le « men­ta­lisme » – s’ins­pire d’une his­toire vraie. Comme il l’avait fait dans « Belle fa­mille » en trans­po­sant dans une fa­mille fran­çaise la mys­té­rieuse dis­pa­ri­tion de Mad­die McCann, une fillette an­glaise de 4 ans, au Por­tu­gal en 2007, Ar­thur Dreyfus fait s’in­tro­duire dans le couple que forment Vé­ro­nique, cais­sière dans un su­per­mar­ché, et Ber­nard, plom­bier, le drame de l’at­ten­tat terroriste is­la­miste dans une sta­tion bal­néaire de Sousse en 2015. Vé­ro­nique, par­tie seule en Tu­ni­sie, ca­deau de dé­part à la re­traite de ses pa­trons, est fau­chée sur la plage par une ra­fale de ka­lach­ni­kov. Dreyfus met alors en pa­ral­lèle les par­cours de la vic­time et du bour­reau. Ce­lui de Ber­nard, un homme simple ter­ras­sé par la mort de sa femme, qui part en Sy­rie pour se ven­ger. Et ce­lui de Sei­fed­dine, le tueur de Sousse, jeune étu­diant brillant qui s’est ra­di­ca­li­sé à la suite d’une dé­cep­tion amou­reuse et d’un trau­ma­tisme re­fou­lé. Au fil du ré­cit de ces deux hommes que tout semble op­po­ser se des­sine une sur­pre­nante com­mu­nau­té de des­tin.

A Sousse en 2015, des tou­ristes et des Tu­ni­siens ob­servent une mi­nute de si­lence en hom­mage aux vic­times de l’at­ten­tat.

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