Par­ker, mau­vais co­mé­dien et mar­tyr

THE BIRTH OF A NA­TION, PAR NATE PAR­KER. DRAME HIS­TO­RIQUE AMÉ­RI­CAIN, AVEC NATE PAR­KER, ARMIE HAMMER, PENELOPE ANN MILLER (2H).

L'Obs - - Critiques - N. S.

En 1915, Da­vid W. Grif­fith, avec « Nais­sance d’une na­tion », si­gnait le pre­mier grand film de l’His­toire : un hymne au Ku Klux Klan ! Un siècle plus tard, Nate Par­ker (pho­to) ré­ta­blit l’équi­libre avec son long-mé­trage ho­mo­nyme, un ma­ni­feste an­ti-sé­gré­ga­tion­nisme d’une mé­dio­cri­té de té­lé­film. In­con­nu au ba­taillon, l’ac­teur afro-amé­ri­cain se met en scène dans le rôle de Nat Tur­ner, un es­clave let­tré édu­qué par sa maî­tresse en bon ch­ré­tien et qui, trente ans avant la guerre de Sé­ces­sion, em­ploya sa maî­trise des prêches pour me­ner un sou­lè­ve­ment d’une vio­lence sans pré­cé­dent. On par­don­ne­rait vo­lon­tiers à Par­ker ses maigres ca­pa­ci­tés de co­mé­dien s’il ne se fil­mait avec une telle com­plai­sance et s’il ne flat­tait les ins­tincts bon­dieu­sards du spec­ta­teur pour éri­ger son hé­ros en mar­tyr de la cause noire. Des dé­fauts per­çus comme des ver­tus outre-At­lan­tique où le film fai­sait fi­gure de fa­vo­ri aux Os­cars avant qu’une ac­cu­sa­tion de viol ayant in­cri­mi­né Par­ker dans sa jeu­nesse ne re­monte à la sur­face. Les voies du sei­gneur sont im­pé­né­trables.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.