OU­VERT LA NUIT PAR ÉDOUARD BAER

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

Co­mé­die fran­çaise, avec Edouard Baer, Sa­bri­na Oua­za­ni (1h37).

Lui­gi, di­rec­teur de théâtre au di­let­tan­tisme flam­boyant, est ac­cu­lé par son équipe au bord de la crise de nerfs. La veille d’une pre­mière, il doit trou­ver un singe pour les be­soins de la pièce. C’est le pré­texte à une vi­rée noc­turne « à la ren­contre des di­vers as­pects du Pa­ris contem­po­rain » et en com­pa­gnie de la jeune et jo­lie sta­giaire (Sa­bri­na Oua­za­ni). Etu­diante à Sciences-Po, elle in­carne tout ce qui ef­fraie notre lu­dion des grands soirs, en Baer et contre tout ron­ron nor­ma­tif. Il au­ra fal­lu douze ans à Edouard Baer (pho­to) pour don­ner une suite aux élu­cu­bra­tions de « la Bos­tel­la » et d’« Akoi­bon ». « Ou­vert la nuit », avec son titre em­prun­té à Paul Mo­rand, s’il est plus te­nu dans sa forme, res­semble comme les pré­cé­dents à son au­teur, d’une lu­ci­di­té sur lui-même qui confine à la rou­blar­dise. Au­to­por­trait à peine dé­gui­sé, le film charme au­tant qu’il agace, et c’est tout à son hon­neur. Baer ba­gue­naude entre égo­tisme et es­prit de troupe, Pa­ris réel et fan­tas­mé, fan­fa­ron­nade et mé­lan­coo­lisme. En ces temps de re­pli sur soi et de ca­pi­ta­lisme triom­phant, il se­rait dom­mage de bou­der cette ode à l’in­at­ten­du, à la gra­tui­té du geste et à la mau­vaise foi gé­né­reuse.

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