LE DIVAN DE STALINE PAR FAN­NY ARDANT

L'Obs - - Critiques - P. M.

Drame fran­co-por­tu­gais, avec Gérard De­par­dieu, Em­ma­nuelle Sei­gner, Paul Ha­my (1h32).

Le spec­tacle d’une dic­ta­ture dans son in­ti­mi­té est in­té­res­sant, sur­tout quand le pou­voir ab­so­lu est in­car­né par l’im­mense, l’énorme, le pa­te­lin et bru­tal Gérard De­par­dieu (pho­to). Même si la mous­tache qu’il ar­bore fait moins son­ger au Pe­tit Père des Peuples qu’à Obé­lix. Au plus près du dic­ta­teur se tient la pul­peuse Li­dia (Em­ma­nuelle Sei­gner), qui en­dure, su­bit de­puis des an­nées, mais aus­si trouve son compte dans cette re­la­tion en ap­pa­rence mons­trueu­se­ment dés­équi­li­brée. Dans l’ombre, des sbires se terrent, n’ap­pa­rais­sant à la lu­mière que quand le maître le dé­cide, ain­si dans ce qui consti­tue sans doute la scène la plus trou­blante du film, une séance de ci­né­ma au cours de la­quelle Staline se fait pro­je­ter « l’Ange bleu ». Pour le reste, il y a bien un divan, qui se­rait ce­lui de Freud, et un jeune ar­tiste sé­dui­sant (Paul Ha­my) sou­mis aux in­ter­ro­ga­toires de la sé­cu­ri­té. Le pas­sé et le pré­sent se ren­contrent, les villas du Por­tu­gal de­viennent russes, les lu­mières sont belles. Mais on ne dis­tingue pas très bien où Fan­ny Ardant, qui adapte ici un ro­man de Jean-Da­niel Bal­tas­sat, veut en ve­nir.

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