QUAND LA CIA AIDAIT SAKHAROV ET SOLJENITSYNE

L'Obs - - En Couverture -

Tout au long de la guerre froide, la CIA a sou­te­nu clan­des­ti­ne­ment la dis­si­dence en URSS. Le but de l’opé­ra­tion est ex­pli­qué, en 1969, dans un compte ren­du du Co­mi­té 303, le groupe se­cret à la Mai­son-Blanche qui contrô­lait l’agence de ren­sei­gne­ment : « Fa­vo­ri­ser les dé­fec­tions, re­cueillir des in­for­ma­tions confi­den­tielles [à Mos­cou] et sti­mu­ler la dis­sen­sion par­mi les di­ri­geants so­vié­tiques. »

Pour me­ner cette guerre cultu­relle, la CIA s’ap­puyait sur cer­tains groupes d’im­mi­grés, no­tam­ment l’Union des So­li­da­ristes russes, dont elle ré­mu­né­rait les di­ri­geants. Leur mis­sion es­sen­tielle était la dif­fu­sion en Union so­vié­tique des ou­vrages d’au­teurs in­ter­dits. Le pre­mier fut « le Doc­teur Ji­va­go », du prix No­bel de lit­té­ra­ture Bo­ris Pas­ter­nak que la CIA a fait im­pri­mer par une pré­ten­due mai­son d’édi­tion fran­çaise mon­tée pour la cir­cons­tance. Dix ans plus tard, l’Agence a fait dis­tri­buer un texte, dé­sor­mais cé­lèbre, sur la conver­gence des sys­tèmes so­vié­tique et ca­pi­ta­liste, dont l’au­teur, le phy­si­cien An­dreï Sakharov, de­vien­dra le porte-dra­peau de la dis­si­dence. Puis elle a fait in­tro­duire des mil­liers d’exem­plaires du « Pa­villon des can­cé­reux » d’un autre prix No­bel, Alexandre Soljenitsyne. Ce texte à moi­tié au­to­bio­gra­phique se­ra édi­té en Eu­rope par une autre mai­son fan­toche de la CIA en Ita­lie.

L’écri­vain russe Alexandre Soljenitsyne, prix No­bel de lit­té­ra­ture en 1970.

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