Bran­do à l’eau de rose

IL FAUT SE MÉ­FIER DES HOMMES NUS, PAR ANNE AKRICH, JUL­LIARD, 324 P., 19 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Après « Un mot sur Irène », pre­mier ro­man re­mar­qué, où elle met­tait en scène la mort mys­té­rieuse d’une pro­fes­seur de gen­der stu­dies à l’EHESS dans une chambre d’hô­tel new-yor­kaise ins­pi­rée de celle de l’an­cien di­rec­teur de Sciences-Po Ri­chard Des­coings, Anne Akrich plonge dans les eaux troubles de la vie de Mar­lon Bran­do (pho­to). Cheyenne Co­hen a dé­cro­ché un contrat mi­ro­bo­lant pour écrire le scé­na­rio du bio­pic « Bran­do au pa­ra­dis ». Les di­rec­tives de la pro­duc­tion amé­ri­caine sont claires : « Tahiti, les femmes. Le bon­heur. » On ne s’ap­pe­san­tit pas sur la per­son­na­li­té ca­rac­té­rielle de l’ac­teur ni sur le meurtre de son gendre et le sui­cide de sa fille. On veut de l’eau de rose et un hap­py end. Lorsque Cheyenne ar­rive à Tahiti, son île na­tale, tout se met à dé­ra­per. Un oncle pé­do­phile, in­cri­mi­né dans un drame fa­mi­lial an­cien, vient de sor­tir de pri­son et la pro­duc­tion est confron­tée à d’in­nom­brables pro­blèmes tech­niques et aux ca­prices in­sen­sés du pre­mier rôle qui singe son mo­dèle. Anne Akrich lou­voie adroi­te­ment entre la bio­gra­phie do­cu­men­tée de l’homme qui ché­ris­sait son « noble ou­til » et le thriller psy­cho­lo­gique, dé­zin­guant au pas­sage le gla­mour de Hol­ly­wood et l’image de carte pos­tale des îles du Vent.

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