Ar­se­nic et vieilles fi­celles

FLEUR DE TONNERRE, PAR STÉ­PHA­NIE PILLONCAKERVERN, DRAME HIS­TO­RIQUE FRAN­ÇAIS, AVEC DÉ­BO­RAH FRAN­ÇOIS, BEN­JA­MIN BIOLAY, JO­NA­THAN ZACCAÏ (1H40).

L'Obs - - Critiques - JÉRÔME GAR­CIN

C’est, adap­té d’un livre mor­tel de Jean Teu­lé, un film so­po­ri­fique sur une em­poi­son­neuse. Dans la Bre­tagne pieuse et mi­sé­reuse du xixe siècle, une fillette mal ai­mée de­vient une tueuse en sé­rie. De mai­son en mai­son et de châ­teau en pres­by­tère, où elle est suc­ces­si­ve­ment en­ga­gée comme cui­si­nière, sans ces­ser de se croire la ser­vante de l’An­kou (l’ou­vrier de la mort, se­lon la my­tho­lo­gie bas-bre­tonne), elle glisse de l’ar­se­nic dans les soupes, gâ­teaux et in­fu­sions. Après avoir beau­coup er­ré sur la lande for­cé­ment ven­tée, lon­gé la mer for­cé­ment dé­chaî­née et ca­res­sé les men­hirs for­cé­ment mar­mo­réens, Hélène Jé­ga­do, alias « Fleur de tonnerre », se­ra fi­na­le­ment ar­rê­tée, ac­cu­sée d’avoir at­ten­té à la vie d’une qua­ran­taine de per­sonnes et guillo­ti­née à Rennes, en 1852. Dans le rôle-titre, Dé­bo­rah Fran­çois (pho­to) est à la fois so­len­nelle et hal­lu­ci­née : on cherche en vain la jeune femme sous le per­son­nage. Et dans ce­lui de son pro­tec­teur d’un jour, Ben­ja­min Biolay (pho­to) est tel­le­ment nau­séeux et co­ton­neux qu’il semble avoir été in­toxi­qué par une huître du Mor­bi­han pé­ri­mée avant même le tour­nage. (Un autre chan­teur, Mios­sec, joue un cu­ré, mais on voit bien qu’il n’a pas la foi.) Quant à l’image, elle est plus folk­lo­rique qu’une au­to­pro­mo pour le Puy du Fou, sai­son hi­ver­nale. C’est le pre­mier film de Sté­pha­nie Pillon­ca-Ker­vern. On ne doute pas qu’elle puisse faire beau­coup mieux.

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