Rich­ter chez Woolf

PAR MAX RICH­TER (DEUTSCHE GRAMMOPHON/ UNI­VER­SAL).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS ARMANET

THREE WORLDS : MUSIC FROM VIRGINIA WOOLF WORKS,

S’il a com­po­sé une ving­taine de mu­siques de films de­puis dix ans, Rich­ter n’a pas aban­don­né ses tra­vaux so­lo ni ses col­la­bo­ra­tions avec le cho­ré­graphe Wayne McG­re­gor, dont le bal­let « Woolf Works » (re­pris à Covent Gar­den à par­tir du 21 jan­vier) se dé­ve­loppe au­tour de trois livres de Virginia Woolf : « Mrs Dal­lo­way », qui la ré­vé­la, « Or­lan­do », bio­gra­phie d’une Do­rian Gray en ju­pon ins­pi­rée par sa liai­son avec Vi­ta Sa­ck­ville-West, et « les Vagues » (que tra­dui­sit Mar­gue­rite Your­ce­nar). Big Ben sonne, ré­sonne jus­qu’à Bloom­sbu­ry, et on en­tend Woolf à la BBC en 1937 (seul en­re­gis­tre­ment sub­sis­tant), alors qu’elle vient de pu­blier « les An­nées ». L’at­mo­sphère de l’al­bum est là. Spi­ri­tuelle, ma­gné­tique : ces col­lages de piano, cordes, sons élec­tro­niques, ru­meurs de la ville et des champs qui tissent le son post-mi­ni­ma­liste de Rich­ter, au confluent de Glass, Xe­na­kis, Eno et Mah­ler. Jus­qu’à la plage ul­time, où Gillian An­der­son lit la lettre d’adieu de Virginia à son ma­ri avant de se lais­ser cou­ler dans l’onde, les poches les­tées de cailloux, pour évi­ter de som­brer dans la fo­lie. Dou­ce­ment en­voû­tant.

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