BOULARÈS, SE­GAL & WAITS ABU SADIYA Ac­cords Croi­sés/Pias

L'Obs - - Critiques - GRÉ­GOIRE LE­MÉ­NA­GER

En Tu­ni­sie, il pa­raît qu’Abu Sadiya était à la fois un clo­chard noir qui fut vic­time du ra­cisme, un re­belle qui aidait les es­claves au XIe siècle, et le fon­da­teur d’une sorte de sou­fisme qu’on ap­pelle le « stam­be­li ». Bref, un type bien, donc sou­vent mal vu. Pour res­sus­ci­ter ce mythe avec tact et dou­ceur, Ya­cine Boularès (saxo­phone et cla­ri­nette) a eu l’ex­cel­lente idée de s’en­tou­rer d’un bat­teur par­ti­cu­liè­re­ment sub­til (Na­sheet Waits) et d’un sor­cier du vio­lon­celle (Vincent Se­gal, éga­le­ment ici aux per­cus­sions). Le ré­sul­tat al­lie une grande pré­ci­sion et une in­son­dable dé­li­ca­tesse. C’est un conte sans paroles, mais plein d’images.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.