Les lun­dis de Del­feil de Ton

Où l’on voit les fron­tières ne rien chan­ger à l’af­faire

L'Obs - - Sommaire -

Ala tête d’An­ka­ra, ca­pi­tale de la Tur­quie, le même maire de­puis vingt-trois ans. Une ma­jo­ri­té d’An­ka­riotes doivent en être contents et voi­là un homme, en tout cas, sou­cieux de leur pa­tri­moine im­mo­bi­lier. Deux trem­ble­ments de terre se sont pro­duits dans les Dar­da­nelles, dans le même temps que d’autres, par­fois meur­triers, dans cette ré­gion du monde. Le maire d’An­ka­ra fait part de ses in­quié­tudes. Ils ne lui pa­raissent pas ca­tho­liques, ces séismes, pas mu­sul­mans si vous pré­fé­rez. Ne fau­drait-il pas y voir une main étran­gère ? Un na­vire de re­cherche sis­mique a été vu pa­trouillant dans les pa­rages ré­cem­ment tou­chés. Na­vire de re­cherche, vrai­ment ? Sait-on de quelle na­tio­na­li­té bat son pa­villon ? Ces sous-ma­rins, qui se pro­mènent par des fonds proches de la Tur­quie, que viennent-ils y faire ? Né­ces­si­té de les sur­veiller. Ne se­raient-ils pas des pro­vo­ca­teurs de séismes? Tant de gens sont ja­loux de la Tur­quie. On parle tou­jours de la bê­tise de Trump mais chaque pays fait ce qu’il peut. La bê­tise de Trump pro­fite de la gran­deur de l’Amé­rique pour pa­raître à son échelle.

Le lec­teur le croi­ra-t-il si le chro­ni­queur écrit qu’il ne connais­sait pas le nom de Ni­co­las Can­te­loup ? Un as du co­mique, à ce qu’on dit. Ve­dette d’une ra­dio à qui il as­sure son au­dience du ma­tin. Il fal­lait bien fi­nir par ap­prendre son exis­tence. L’anus d’un gars de 20 ans, à Aul­nay-sous-Bois, ban­lieue pa­ri­sienne, a été trans­per­cé par la ma­traque té­les­co­pique d’un agent de po­lice. La bles­sure est grave et elle a été pro­vo­quée dé­li­bé­ré­ment, semble-t-il. On ima­gine d’ailleurs mal quelle né­ces­si­té au­rait pu se pré­sen­ter pour cette pé­né­tra­tion in­so­lite. En­fon­ce­ment vo­lon­taire, alors ? L’en­quête de po­lice s’orien­tant vers une ren­contre de ha­sard entre la ma­traque et l’anus, c’est ici que l’as du co­mique in­ter­vient à l’an­tenne. On le ré­en­tend sur Dai­ly­mo­tion : « Amis gays, ce n’est pas la peine de cher­cher un deux-pièces sur Aul­nay centre, la po­lice ne re­com­men­ce­ra plus, ce n’est pas une pra­tique cou­rante à Aul­nay­sous-Bois. » La mise en doute de cette agres­sion d’un jeune Noir par un agent de po­lice était dé­jà conster­nante, s’y ajoute ce­ci de désa­gréable qu’elle vous fait dé­cou­vrir l’hu­mour d’un Can­te­loup.

Tem­pête au Por­tu­gal. L’At­lan­tique est dé­chaî­né. Vagues fu­rieuses qui tombent mal, en ce jour où les adeptes du culte can­dom­blé cé­lèbrent Le­man­ja, la déesse de la mer. Re­por­ter la cé­lé­bra­tion à un jour plus fa­vo­rable ? Pas ques­tion, le jour fa­vo­rable est ce­lui du ca­len­drier. Le­man­ja ré­clame ses o randes et tant pis pour l’alerte rouge. Ain­si est em­por­tée une adepte de 34 ans qui lui ap­por­tait fruits et lé­gumes et tant mieux pour tous, si la déesse est contente. Noyade au­jourd’hui, de­main bonheur et pros­pé­ri­té. Au Bé­nin, l’église de Jé­sus-Ch­rist de Ba­na­mè dé­plore la mort de dix fi­dèles. Ils brû­laient l’en­cens pour chas­ser les es­prits mau­vais, car Jé­sus-Ch­rist est friand de son odeur, mais en­core au­rait-il conve­nu qu’ils ne fussent pas en al­liance avec ces es­prits mau­vais. Ne sert alors à rien, fût-ce en énormes quan­ti­tés, d’ache­ter de l’en­cens à la prê­tresse qui en fait le com­merce. Les di­gni­taires de l’église as­surent qu’ils ont mis en garde. Certes, ad­mettent-ils, c’est l’ex­cès d’en­cens qui a as­phyxié les im­pru­dents, mais c’est sa ren­contre avec les es­prits mau­vais qui est la vraie res­pon­sable de leur mort. Ain­si s’achève cette chro­nique de la bê­tise. D. D. T. Post-scrip­tum qui n’a rien à voir. – « JeanE­dern Hal­lier, l’idiot in­sai­sis­sable », de JeanC­laude La­my (Al­bin Mi­chel, 608 pages, 26 eu­ros). L’au­teur, sans rien lui pas­ser, écrit en sym­pa­thie pour son hé­ros, qu’il a bien connu. Le­quel hé­ros, avec son jour­nal « l’Idiot in­ter­na­tio­nal », mit sur les dents pen­dant ses deux sep­ten­nats les bri­gades de pro­tec­tion des se­crets de Mit­ter­rand. Le livre est fi­chu comme l’as de pique mais qu’est-ce qu’on s’amuse.

Un as du co­mique, à ce qu’on dit.

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