Riad Sat­touf

LES CA­HIERS D’ES­THER (T. 2), HIS­TOIRES DE MES 11 ANS, ALLARY, 56 P., 16,90 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - AR­NAUD GONZAGUE

Toutes les se­maines de­puis plus de deux ans, elle illu­mine la fin de « l’Obs ». Es­ther, 12 ans, nous ra­conte le quo­ti­dien, les rêves et les peurs d’une petite Pa­ri­sienne « hy­per­sen­sible » qui adore son pa­pa (sa ma­man aus­si, mais moins), la soupe R’n’B fa­çon Na­vii et Mat­tyB, la tarte aux fraises et « aime trop trop » être « en mode bon dé­lire ». Rap­pe­lons que Riad Sat­touf (pho­to) n’a pas in­ven­té sa fillette au nez poin­tu : elle existe dans la vraie vie (l’au­teur de ces lignes l’a in­ter­viewée, ce que le des­si­na­teur ra­conte page 19 en re­pré­sen­tant le jour­na­liste fa­go­té n’im­porte com­ment, au mé­pris de toute vé­ri­té !) et elle pro­duit réel­le­ment cet or des mots, ce­lui qui vi­re­volte dans les cours de ré­cré et que Sat­touf at­trape et re­trans­crit ici avec un ta­lent in­ouï. Ce tome 2 a aus­si ses mo­ments graves : les at­ten­tats du 13 no­vembre (« On m’a dit que les terroristes […] ils croient que des femmes les at­tendent au pa­ra­dis pour leur faire à man­ger »), le fait qu’Es­ther soit quit­tée par son « ma­ri », Gas­pard (ils sont tout de même res­tés trois jours en­semble), que son frère An­toine soit tou­jours « très con », qu’elle dise trop sou­vent « ouèche ». Lors de son en­trée au col­lège, son pa­pa ché­ri lui offre en­fin un por­table. Sauf que c’est un No­kia ba­sique ! Alors que tout le monde a un smart­phone Sam­sung ou un iP­hone. Une tra­gé­die.

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