L’EF­FET BAY­ROU

L'Obs - - Grand Formats - AU­DREY SALOR

Le 16 fé­vrier, c’est très tôt le ma­tin, à l’heure du ca­fé, qu’Em­ma­nuel Ma­cron et Fran­çois Bay­rou se re­trouvent en tête à tête, à l’ini­tia­tive du se­cond. Ce jour-là, le Béar­nais penche dé­jà pour ne pas être can­di­dat à la pré­si­den­tielle une qua­trième fois. Outre le risque d’un FN en em­bus­cade, il sait qu’un score in­fé­rieur à 5% le pri­ve­rait d’un rem­bour­se­ment de ses frais de cam­pagne. Mais avant d’of­fi­cia­li­ser sa dé­ci­sion, il veut mieux connaître le chou­chou des sondages. « On ne sait pas qui c’est, il est in­cer­nable », di­sait il y a peu l’une des proches de Bay­rou. Lors de ce ren­dez-vous, le maire de Pau ne confie rien de ses in­ten­tions à son in­ter­lo­cu­teur. Et se contente de lui pro­di­guer quelques conseils sur la fa­çon de me­ner cam­pagne. « C’est un che­min qu’il a dé­jà em­prun­té », glisse son en­tou­rage, comme pour rap­pe­ler, l’air de rien, que Bay­rou in­carne l’ex­pé­rience qui fait dé­faut au jeune loup. Ces deux-là ne s’étaient croi­sés qu’une seule fois au­pa­ra­vant. C’était le 8 juillet der­nier, à Pau. « Il était en re­cherche de sym­pa­thie, mais je ne suis pas fa­cile à sé­duire », ra­con­tait, sé­vère, Bay­rou, dans la fou­lée de ce qu’il avait alors qua­li­fié « d’opé­ra­tion po­li­tique ». Entre la garde rap­pro­chée du maire de Pau et celle du pa­tron d’En Marche !, pour­tant, le con­tact n’a ja­mais été rom­pu. « Des élus de chez Ma­cron nous avaient ap­pro­chés de longue date pour nous convaincre. Mais fi­na­le­ment, cha­cun a fait un pas vers l’autre », re­late l’ex-éco­lo Yann Wehr­ling. Ef­fet plein Pau pour Ma­cron, cré­di­té d’en­vi­ron 4 points de plus dans les sondages de­puis l’ar­ri­vée de Bay­rou dans son gi­ron. Reste à sa­voir quel rôle oc­cu­pe­ra le Béar­nais dans la cam­pagne. A droite, en tout cas, on sou­haite dé­jà « bon cou­rage à Ma­cron pour gé­rer Bay­rou »…

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