Fonce, Louis Al­phonse

Où l’on voit qu’un pré­ten­dant au trône ne doit ja­mais se faire ou­blier

L'Obs - - Debats -

Met­tons que les Fran­çais, déses­pé­rés par le choix de can­di­dats qui se pré­sente, re­noncent à vo­ter, comme un seul homme, à la pré­si­den­tielle. C’est là qu’il leur fau­dra un sau­veur. Louis Al­phonse pour­rait être là.

Vous ne sa­vez pas qui est Louis Al­phonse? Sa­viez-vous qui était Ma­cron ? Louis Al­phonse de Bour­bon fait par­ler de lui. On voit l’homme de pré­cau­tion. Est-il le mieux pla­cé de la branche (celle des Bour­bons) ? C’est de lui, en tout cas, que nous par­lait l’Agence Fran­ceP­resse cette se­maine. N’a-t-il pas un concur­rent sé­rieux du cô­té de la branche Or­léans? C’est pos­sible. Que la meilleure branche, à l’oc­ca­sion, l’em­porte!

Louis Al­phonse de Bour­bon s’est donc ren­du en Slo­vé­nie l’autre di­manche, ce qui lui vaut d’avoir son nom dans « l’Obs » où on ne le ren­contre pas sou­vent. Une re­cherche in­for­ma­tique per­met­trait sans doute de sa­voir s’il fut seule­ment ja­mais ques­tion de lui dans notre heb­do­ma­daire, nous ne pro­cé­de­rons pas à cette re­cherche. Foin des an­ciennes que­relles. Si la Ré­pu­blique n’a pas su choi­sir un pré­sident (rap­pe­lons que c’est notre hy­po­thèse), ou­blions les dé­dains an­ciens, écou­tons ce qu’a à nous dire Louis Al­phonse.

Le der­nier Bour­bon à ré­gner sur la France s’ap­pe­lait Charles X. Les Trois Glo­rieuses, jour­nées pour lui pé­teuses, le chas­sèrent de son trône au pro­fit d’un Or­léans, le­quel fut pa­reille­ment le der­nier de sa branche à ré­gner. C’était, tout ça, il y a long­temps, pas loin de deux siècles. Ce qui n’in­ter­dit pas aux ac­tuels re­pré­sen­tants des deux branches, ayant l’éter­ni­té pour elles, de pré­tendre re­ve­nir sur le trône, bien en­ten­du s’ils ve­naient aux Fran­çais de le sou­hai­ter. Ce pour­quoi ils se dé­si­gnent, et les dé­signe-t-on, sous la dé­no­mi­na­tion de pré­ten­dants. Re­ve­nons au Bour­bon qui nous oc­cupe.

Il était donc en Slo­vé­nie. En Slo­vé­nie où, nous rap­pelle l’Agence France-Presse, Charles X, exi­lé d’abord en Bo­hême, s’était ré­fu­gié. C’est le cho­lé­ra qui l’avait chas­sé de Bo­hême. En 1830, il fuit de­vant le peuple, en 1836 il fuit de­vant l’épi­dé­mie. Frère de Louis XVI, en 1789, il s’était en­fui le pre­mier de la fa­mille, dès le 16 juillet! Le cho­lé­ra l’a rat­tra­pé en Slo­vé­nie. Il avait quand même vé­cu 79 ans, pas un des 68 rois de France n’a vé­cu aus­si long­temps. Pour la lon­gé­vi­té de ce­lui-ci, ti­rons notre cha­peau.

Re­met­tons le cha­peau. L’ac­tuel Louis Al­phonse, dans cette his­toire? Ban­quier au Ve­ne­zue­la (Wi­ki­pé­dia), si on parle de lui à Pa­ris c’est qu’il est al­lé en Slo­vé­nie s’in­cli­ner de­vant le tom­beau de Charles X. Après quoi il en­ten­dit une messe du sou­ve­nir, à l’is­sue de la­quelle il ré­pon­dit aux ques­tions de quelques jour­na­listes qui n’étaient sans doute pas là par ha­sard. Non, il n’est pas fa­vo­rable au trans­fert des cendres du roi exi­lé dans la ba­si­lique de Saint-De­nis où elles re­join­draient celles de la plu­part des rois de France dans la né­cro­pole royale. Charles X l’avait dit : je ne veux pas re­tour­ner dans ce pays. Que des mau­vais sou­ve­nirs. Saint-De­nis se pas­se­ra de lui. Ce dont sa ba­si­lique ne sau­rait plus se pas­ser, c’est de la re­cons­truc­tion de la tour dé­truite par la foudre au dix-neu­vième siècle, sur­mon­tée de sa flèche. Gou­ver­née par un maire com­mu­niste de­puis la Li­bé­ra­tion de 1944, la ville de­puis vingt ans fait tou­jours da­van­tage pres­sion pour cette re­cons­truc­tion. Elle crée­rait de l’em­ploi et at­ti­re­rait le tou­riste. Le pré­sident Hol­lande, sans dire qu’il était pour, vous le con­nais­sez, n’a pas dit non plus qu’il était contre. Son mi­nistre de la Culture vient de s’y dé­cla­rer fa­vo­rable si le fi­nan­ce­ment ne doit rien coû­ter à son bud­get. Com­bien Louis Al­phonse se­rait-il prêt à y mettre, si notre hy­po­thèse se réa­li­sait que l’élec­teur ne vou­drait plus de pré­sident? D. D. T. Post-scrip­tum qui n’a rien à voir – A la Mai­son rouge, à Pa­ris, ex­po­si­tion « l’Es­prit fran­çais. Contre-cultures, 1969-1989 ». Tout ce qu’on ai­mait, qu’on aime en­core.

Vous ne sa­vez pas qui est Louis Al­phonse? Sa­viez-vous qui était Ma­cron ?

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