Chan­son

Elles ont entre 24 et 33 ans, et dé­barquent en force sur la scène fran­çaise avec des AL­BUMS pro­met­teurs. De JU­LIETTE ARMANET à CLÉA VINCENT, elles nous disent d’où elles viennent et ce qu’elles es­pèrent

L'Obs - - Chronique - Pro­pos re­cueillis par SO­PHIE DELASSEIN

Les 7 filles qui montent

Après une an­née 2016 d’une pau­vre­té mu­si­cale abys­sale, la scène fran­çaise voit l’ar­ri­vée en force d’une ar­mée de jeunes chan­teuses. Un dé­bar­que­ment vi­vi­fiant, avec une nou­velle gé­né­ra­tion d’au­teurs-com­po­si­teurs-in­ter­prètes qui as­sument le fran­çais là où beau­coup se perdent dans la mon­dia­li­sa­tion en s’ex­pri­mant dans un an­glais im­per­son­nel. Elles ont dé­jà un pas­sé fait d’en­vies, d’am­bi­tion, de per­sé­vé­rance. Elles nous ont dit d’où elles ve­naient, ce qu’elles fai­saient, ce qu’elles es­pé­raient. De beaux exemples de ta­lent, de vraies le­çons de cou­rage aus­si.

JU­LIETTE ARMANET “L’AVAN­TAGE DE SE FAIRE PLA­QUER” CD : « Pe­tite Amie » (Bar­clay, sor­tie le 7 avril).

Pas­sé : « Je suis née dans le Nord, mes pa­rents étaient li­braires dans le Vieux-Lille. Très vite, nous nous sommes ins­tal­lés près de Pa­ris. la mai­son, on dé­bat beau­coup: on doit s’of­fus­quer, rire, ai­mer. La mu­sique était om­ni­pré­sente, ma mère jouait tout le temps du pia­no. J’ai pris des cours, mais j’ai mal­heu­reu­se­ment aban­don­né. Je m’en veux, j’au­rais ai­mé jouer Chopin, De­bus­sy. Pour moi, sa­voir lire une par­ti­tion est le Graal. Mon père est pia­niste de jazz, c’est avec lui que je me suis mise au chant. Nous avons don­né des concerts en­semble quand j’avais 14-15 ans. J’ai alors com­men­cé à com­po­ser, ins­pi­rée par mes his­toires d’amour. J’ai sui­vi des études de lettres et pré­pa­ré Nor­male-Sup. J’étais ad­mis­sible, mais je me suis plan­tée. Je fai­sais par ailleurs quinze heures de théâtre par se­maine. A La Bruyère, j’ai joué Ra­cine et Sha­kes­peare, c’était fa­bu­leux. Je n’ai pas ob­te­nu le Conser­va­toire na­tio­nal, or je vou­lais ça ou rien. Je suis de­ve­nue réa­li­sa­trice de do­cu­men­taires pour la té­lé­vi­sion et la ra­dio. Sur des su­jets so­cié­taux. » Pré­sent : « Mon pre­mier EP [disque entre quatre et six titres, NDLR] a été très bien ac­cueilli l’an pas­sé. J’avais peur, je ne suis pas une jeune pre­mière. Et puis mes chan­sons sont si in­times. L’EP a été long à faire, le temps de trou­ver un écrin à mes pia­no-voix sans les dé­na­tu­rer. J’étais très seule jus­qu’au mo­ment où j’ai été re­pé­rée, chez Bar­clay, par Fla­vie Jau­bert, l’ac­tuelle ma­na­ger de Ch­ris­tine and the Queens. Elle a trou­vé le pro­duc­teur ca­pable de res­pec­ter mon tra­vail à l’an­cienne : une feuille, un pia­no. Ça m’a don­né de l’al­lant pour écrire le reste de l’al­bum. Avec un hu­mour noir, mes chan­sons parlent de dés­illu­sion amou­reuse, le ter­reau de mon ins­pi­ra­tion. C’est l’avan­tage de se faire pla­quer. “L’Ac­ci­dent”, par exemple, m’a per­mis de te­nir tête à la douleur amou­reuse. Il y a des chan­sons plus lé­gères et drôles. Ces der­niers temps, j’ai fait pas mal de scènes si bien que ma voix a pris de l’am­pleur, elle s’est li­bé­rée. » Fu­tur : « Avec ou sans suc­cès, je se­rai chan­teuse toute ma vie. Mon pia­no et moi n’avons be­soin de per­sonne. Mon fu­tur est plein d’es­poir, co­ol, amu­sant. J’ai hâte de dé­cou­vrir la vie de tour­née, je suis cer­taine d’ai­mer ça même si c’est dif­fi­cile : il faut se battre pour s’im­po­ser, sur­tout quand on est une fille qui chante l’amour. »

FISHBACH “J’ADORE LES VIEUX” CD : « A ta mer­ci » (En­tre­prise). En concert les 14 mars et 4 mai à La Ci­gale.

Pas­sé : « Fishbach, c’est le nom de jeune fille de ma mère. J’ai com­men­cé la mu­sique as­sez tard. J’ai quit­té l’école à 15 ans, je m’y en­nuyais : ma mère a hur­lé, mais le len­de­main j’ai trou­vé un mi-temps dans une bou­tique de chaus­sures, en­chaî­né sur un job dans une usine de car­ton, puis au McDo, etc. Dans les Ar­dennes, j’al­lais voir pas mal de concerts de me­tal. A 17 ans, j’ai dé­cou­vert un mu­si­cien en jean slim, le torse nu, gri­ma­çant, genre Ig­gy Pop. Il m’a pro­po­sé de for­mer un duo. Lors de notre pre­mier concert dans un bar de Char­le­ville, j’ai res­sen­ti une émo­tion folle : je me suis sen­tie si libre sur scène. Quatre ans après, nous avons rom­pu. Je me suis ins­tal­lée à Reims. J’ani­mais des ate­liers de chan­son pour les ma­lades d’Alz­hei­mer. Ce fut ma plus belle ex­pé­rience, je m’y sen­tais utile. Ma mère tra­vaille en gé­ria­trie, j’adore les vieux. J’en suis par­tie pour re­joindre un gar­çon à Pa­ris où j’ai été ser­veuse, puis guide au châ­teau de Vincennes. Au bluff. » Pré­sent : « A Pa­ris, les gens ai­maient ma mu­sique, ce n’était pas le cas dans les Ar­dennes. En 2015, j’écri­vais des chan­sons de­puis trois ans quand j’ai fait écou­ter mes ma­quettes. Un ami a dé­mar­ché les la­bels. Mi­chel Nas­sif, le pa­tron d’En­tre­prise, m’a en­ten­du chan­ter à l’église Saint-Mer­ri. Nous avons si­gné tout de suite. Mon pré­sent, c’est la sor­tie de mon pre­mier al­bum qui est très écla­té, sans co­hé­rence. N’as­su­mant pas le fran­çais, je n’ai pas écrit tous les textes. Ce disque est un pa­nel de toutes les femmes que je suis, que je pour­rais être ou ne veux pas être. Les mor­ceaux ouvrent les champs des pos­sibles. » Fu­tur : « La tour­née s’an­nonce comme un bon­heur to­tal. J’adore la scène. Je m’ap­prête à chan­ter au Ja­pon, au Ca­na­da. J’ai pris l’avion pour la pre­mière fois l’an pas­sé, à 24 ans, pour chan­ter

lors d’un dé­fi­lé de la fa­shion week ber­li­noise. En­fant, j’ha­bi­tais à Dieppe et j’al­lais en va­cances en baie de Somme ! Mes pa­rents étaient des pro­los, sans ar­gent. Je vais donc pour­suivre ma car­rière en sa­chant que la mu­sique n’est qu’une de mes rai­sons de vivre. Le jour où j’en au­rai marre, je fe­rai autre chose. »

CA­LYP­SO VA­LOIS “J’AI GRAN­DI DANS L’ANAR­CHIE” EP : « le Jour/Jeu flou » (Pias).

Pas­sé : « La pre­mière fois que j’ai en­ten­du Chopin, j’avais 5 ans. J’ai pen­sé : cet homme res­sent les mêmes émo­tions que moi, la mé­lan­co­lie, le dé­chi­re­ment, et il les ex­prime sans mots. Plus tard, j’ai har­ce­lé mes pa­rents [El­li Me­dei­ros et Jac­no, NDLR] pour qu’ils m’offrent un pia­no et des cours. Mais chez nous, c’était l’anar­chie : nous avons dé­mé­na­gé, le pia­no n’a pas sui­vi. On me de­man­dait tou­jours si je vou­lais faire de la mu­sique comme mes pa­rents, ça m’aga­çait : je ré­pon­dais non. Mes pa­ren ts n’y te­naient pas. Sur­tout mon père qui avait eu du suc­cès très jeune, puis moins, et en avait souf­fert. Avec mon pre­mier syn­thé, j’ai des­si­né des mé­lo­dies, mais la com­po­si­tion me sem­blait ré­ser­vée aux gé­nies. En 2010, j’ai fon­dé un groupe, Ci­né­ma, avec des chan­sons en fran­çais un peu élec­tro, ça m’a dé­com­plexée. On fai­sait tout nous-mêmes : les en­re­gis­tre­ments, les clips, c’était li­bé­ra­teur. » Pré­sent : « Je sors un pre­mier EP qui me ra­conte avec pu­deur. Je parle par­fois de moi en di­sant “elle”. Mu­si­ca­le­ment, c’est très per­son­nel sans que je sache ex­pli­quer pour­quoi. Je suis une ins­tinc­tive. Je suis as­sez joyeuse, mais je n’ai pas de mor­ceaux vrai­ment gais, avec des textes pleins d’op­ti­misme. L’en­semble se­rait trop té­né­breux si Yan Wa­gner n’ajou­tait de la lu­mi­no­si­té dans ses ar­ran­ge­ments. Mon fond mé­lan­co­lique res­sort quand j’écris. » Fu­tur : « Je ne l’en­vi­sage pas sans mu­sique. Mon pre­mier al­bum sor­ti­ra en sep­tembre, et par­tir en tour­née me sé­duit: j’aime le mou­ve­ment, peut-être parce que j’ai gran­di dans l’anar­chie. Si­non, j’ai du mal à me pro­je­ter. C’est si ver­ti­gi­neux, la vie. »

BLONDINO “J’AI AR­RÊ­TÉ LE HAND­BALL” CD : « Bleu » (Un Plan simple). En concert le 27 avril aux Etoiles.

Pas­sé : « Je viens de Metz, d’un mi­lieu mo­deste. Ma mère est se­cré­taire-in­for­ma­ti­cienne, mon père, un touche-à-tout. Je chante de­puis tou­jours, ça me fait du bien. Je vou­lais ap­prendre le pia­no, mais ma mère pen­sait que c’était une lu­bie. Elle di­sait : “Fais ton sport.” J’étais en sport-études op­tion hand­ball, un sport violent et so­li­daire. J’ai ache­té un cla­vier, une gui­tare, et j’ai ap­pris toute seule. Je ne pen­sais qu’à la mu­sique, même pen­dant mes quatre ans d’études de psycho. Ma mère vou­lait que je fasse un “vrai mé­tier”, l’idée que je m’ins­talle seule à Pa­ris l’an­gois­sait. Je l’ai fait à 21 ans, dans un 10-mètres car­rés vé­tuste. J’ai mis dix ans avant d’en­re­gis­trer ma mu­sique. Je créais mes chan­sons dans la jour­née, le soir je gar­dais des en­fants. Ma ren­contre via MyS­pace avec Jean-Ch­ris­tophe Or­te­ga, en 2010, a été dé­ci­sive. En 2014, j’ai pro­duit mon pre­mier EP et un ami a réa­li­sé mon clip. De fil en ai­guille, des gens m’ont ai­dée, et j’ai com­men­cé à ai­mer la scène en fai­sant les pre­mières par­ties de Jeanne Che­rhal, Ar­no ou Feu ! Chat­ter­ton. » Pré­sent : « Mon al­bum est l’abou­tis­se­ment de ce long che­min. C’est un disque in­time, qui s’in­ter­roge sur mon être, mon rap­port au monde, notre hu­ma­ni­té. Dès le dé­but, j’ai évi­té les chan­sons d’amour, je n’en éprou­vais pas la né­ces­si­té. Il n’y en a que deux dont “Syl­via”, ins­pi­rée par la poé­tesse amé­ri­caine Syl­via Plath qui s’est sui­ci­dée à 30 ans. Dans “Toute une na­tion”, j’évoque l’idée que chaque in­di­vi­du est com­plexe, et que nous de­vrions donc tous être plus ou­verts, com­pré­hen­sifs. » Fu­tur : « Le fu­tur est flou, par dé­fi­ni­tion. J’ai hâte de tout, par­tir en tour­née, re­tour­ner en stu­dio. Quoi qu’il ar­rive, je ne ces­se­rai ja­mais d’écrire des chan­sons. »

LILI POE “COMME ED­GAR POE” EP : « Echos » (Par­lo­phone/War­ner).

Pas­sé : « Lili est mon sur­nom; Poe, je l’ai em­prun­té au poète parce qu’il est mys­té­rieux et sombre comme mes chan­sons. Je viens d’Aix-en-Pro­vence. Ma mère, mé­de­cin, et mon père, in­gé­nieur, vou­laient que je fasse un “bon” mé­tier, c’est pour­quoi j’ai mis du temps à as­su­mer mon choix. Je me suis d’abord di­ri­gée vers des études en com­mu­ni­ca­tion. J’ai dé­bu­té la mu­sique à 10 ans par le chant ly­rique, très rigoureux. Après mon bac, j’ai pas­sé un an à Londres à chan­ter du jazz et de la soul. Ser­veuse le jour, je fai­sais des jams le soir. Puis je me suis ins­tal­lée à Pa­ris où j’ai com­men­cé à écrire en an­glais, par pu­deur. Quand j’ai osé le fran­çais, ce fut une ré­vé­la­tion. Entre Londres et la sor­tie de mon EP, dix ans ont pas­sé : j’ai sui­vi mes études et fait de la scène. J’or­ga­ni­sais tout toute seule : mon ser­vice de presse, le boo­king de mes concerts. Je chan­tais par­tout où je pou­vais : les bars, les pe­tites salles. Avec beau­coup de mo­ments de dé­cou­ra­ge­ment. Ce mé­tier est un che­min de per­sé­vé­rance. » Pré­sent : « J’avais hâte que ceux qui me suivent sur les ré­seaux so­ciaux puissent en­tendre mes nou­velles chan­sons. J’ai pu les tes­ter en pu­blic en sep­tembre, en pre­mière par­tie de Di­siz. J’y in­vente des his­toires, je joue plu­sieurs rôles. Elles ra­content ma vie sen­ti­men­tale, sur­tout les his­toires qui n’ont pas mar­ché, pour m’en dé­ta­cher. Je parle beau­coup d’un genre d’hommes, culti­vés, un peu pau­més, qui fas­cinent et qu’on a en­vie d’ai­der. Ma mu­sique, c’est de la pop fran­çaise avec des sons ac­tuels, in­fluen­cée par les An­glo-Saxons. J’ai tra­vaillé avec Me­de­line qui a fait des pro­duc­tions très re­cher­chées, en mê­lant ses sons à mes mé­lo­dies pour que le ré­sul­tat me res­semble. » Fu­tur : « J’ai de l’es­poir, mais je reste pru­dente. C’est si fra­gile. J’ai pas­sé ces der­nières an­nées à m’an­gois­ser, à me de­man­der si je de­vais ar­rê­ter ou conti­nuer. Je ne veux plus me pro­je­ter au-de­là du pré­sent, ça m’ef­fraie. »

CLA­RA LUCIANI “PLU­TÔT MOU­RIR QUE DE DE­VE­NIR CAR­LA BRU­NI” EP : « Monstre d’amour » (Ini­tial, sor­tie le 28 avril). En concert le 16 mai, au Point éphé­mère.

Pas­sé: « Je viens de Pro­vence. Mon père a tou­jours chan­té, joué de la mu­sique en ama­teur. Il y avait des gui­tares par­tout. A 11 ans, j’ai com­men­cé à écrire des chan­sons et ven­du mes jouets dans un vide-gre­niers pour m’ache­ter ma pre­mière gui­tare, une élec­trique rouge. A 19 ans, je m’en­nuyais à la fac, j’ai ren­con­tré Mar­lon Ma­gnée, du groupe La Femme. Il a ai­mé mon cô­té yéyé. J’ai ar­rê­té mes études, pris ma gui­tare et quit­té mes pa­rents. Je vou­lais vivre de mon art, le gros cli­ché. Mon père tra­vaille dans la banque, ma mère est aide-soi­gnante : je n’avais pas le choix, ça de­vait mar­cher. Je suis ar­ri­vée à Pa­ris comme dans « Un In­dien dans la ville », je me pau­mais tout le temps. Dans un 10-mètres car­rés, sans chauf­fage, je dor­mais avec mon man­teau. J’ai été ven­deuse chez Za­ra, piz­zaio­lo, ba­by-sit­ter, hô­tesse. J’ai in­té­gré La Femme pour une tour­née en An­gle­terre et en France. J’avais ap­pris les mor­ceaux au cla­vier en qua­rante-huit heures. Je ne me sen­tais pas mûre pour écrire, jus­qu’au mo­ment où, il y a deux ans, je me suis fait pla­quer. En­fer­mée chez mes pa­rents, j’ai écrit “Pleure, Cla­ra pleure” et “A cre­ver”. Mer­ci mon ex! » Pré­sent: « J’ai 20 mètres car­rés et un chauf­fage. Grâce à une tour­née avec le chan­teur Ra­phael, je suis in­ter­mit­tente. Je tra­vaille

de­puis deux ans avec Am­broise Willaume, alias Sage, et Ben­ja­min Le­beau, de The Shoes. Ils réa­lisent mon al­bum. J’ai si­gné en dé­cembre avec le la­bel Ini­tial. Mes in­fluences sont mul­tiples, j’ai écou­té beau­coup de punk, et en dé­cou­vrant Bo­wie je suis tom­bée sur sa ver­sion d’“Am­ster­dam”. Puis sur Brel, Gré­co, Bar­ba­ra, Hi­ge­lin, Shel­ler. Moi qui trou­vais la chan­son fran­çaise rin­garde, je me suis mise à en faire, avec un cô­té rock, ru­gueux, car plu­tôt mou­rir que de de­ve­nir Car­la Bru­ni. » Fu­tur: « Je fais ac­tuel­le­ment les pre­mières par­ties de Bio­lay. J’adore me ré­veiller chaque ma­tin dans une autre ville. Je veux voya­ger avec ma gui­tare sur le dos. Et si un jour mes pa­roles ont de l’im­pact, je dé­fen­drai la cause fé­mi­nine qui en a tant be­soin. »

CLÉA VINCENT “PAS DE RAI­SON QUE J’ÉCHOUE !” CD : « Re­tiens mon dé­sir » (Mid­night Special Re­cords). En concert le 12 avril, à la Gaî­té ly­rique.

Pas­sé: « Ma mère est sty­liste, mon père, avo­cat dans le droit d’au­teur. J’ai gran­di dans le 92 où j’ai étu­dié le pia­no au conser­va­toire jus­qu’à 13 ans, mais je n’étais pas sco­laire. Ma mère m’a ins­crite dans une école de jazz, axée sur l’im­pro­vi­sa­tion. Nous étions libres de com­po­ser, je m’y suis épa­nouie. Quand j’étais étu­diante en éco­no­mie, on m’a par­lé du Pop In, une scène ou­verte à Pa­ris. J’ai joué deux chan­sons, j’ai com­pris que j’ado­rais ça. J’avais 20 ans, ma vo­lon­té, mon in­cons­cience et un cla­vier en plas­tique à 20 balles po­sé sur mes ge­noux. Il s’est pas­sé dix ans entre le Pop In et mon al­bum. Entre-temps, j’ai ca­va­lé pour me trou­ver des dates de concert, quitte à chan­ter dans des condi­tions ga­lères. Peu à peu, j’ai conquis un pu­blic hy­per­fi­dèle. J’ai tout fait moi-même. J’ai si­gné chez Po­ly­dor, mais on m’a ren­du mon contrat à la fa­veur d’un chan­ge­ment de di­rec­tion. J’étais anéan­tie, puis j’ai com­pris que c’était une chance. Avec les in­dem­ni­tés, j’ai pro­duit mon disque. » Pré­sent: « Je re­dou­tais la sor­tie de l’al­bum. J’avais pas­sé deux ans à le faire, je n’avais plus de re­cul. Mais j’ai plein de re­tours po­si­tifs qui me boostent pour le dé­fendre. Les chan­sons semblent plaire, no­tam­ment “J’m’y at­ten­dais pas”, que les gens re­prennent avec moi à fond, en concert. Et puis “Re­tiens mon dé­sir” passe sur France-In­ter et des ra­dios étu­diantes. » Fu­tur: « Je ne suis pas très am­bi­tieuse, mais il faut que je puisse vivre de ma mu­sique. Ce qui im­plique en­core du tra­vail et de la dé­brouille. Je suis as­sez op­ti­miste, je me dis que si je tra­vaille comme main­te­nant, il n’y a pas de rai­son que j’échoue. »

Fishbach, une pop en­voû­tante.

Ju­liette Armanet, la dés­illu­sion amou­reuse.

Ca­lyp­so Va­lois, un fond mé­lan­co­lique.

Blondino, un al­bum in­time et poé­tique.

Lili Poe, une pop fran­çaise sous in­fluence an­glo-saxonne.

Cléa Vincent, un rythme groo­vy.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.