Hol­lande s’in­quiète des dé­bats té­lé… Et cri­tique les pri­maires !

L'Obs - - Le Telephone Rouge - SERGE RAFFY

De­puis plu­sieurs jours, Fran­çois Hol­lande peste au­près de ses vi­si­teurs contre les res­pon­sables des chaînes de té­lé­vi­sion qui or­ga­nisent les dé­bats du pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, France 2 et TF1. En cause, le choix de mettre les cinq can­di­dats les mieux pla­cés, en­semble, de­vant les ca­mé­ras, sur le même mo­dèle que les der­niers dé­bats des pri­maires, de gauche ou de droite. « Ce genre de confron­ta­tion, ré­pète le pré­sident, fa­vo­rise tou­jours les plus dé­ma­go­giques et les plus po­pu­listes. Il va donc jouer en fa­veur de Ma­rine Le Pen. Il y

a un réel dan­ger. » Fran­çois Hol­lande pré­cise à ses in­ter­lo­cu­teurs, qui lui rap­pellent qu’il a été lui-même élu grâce à ce genre de dé­bat lors de la pre­mière pri­maire de la gauche en 2011, que les e ets d’une pri­maire sont en fait « dé­vas­ta­teurs ». Il l’a, certes, em­por­té en 2012, mais les di­vi­sions de son camp se sont cris­tal­li­sées au cours de cette pri­maire et ont « en­tra­vé » son quin­quen­nat. Pour le lo­ca­taire de l’Ely­sée, « faire un co­pié-col­lé, pour la pré­si­den­tielle », des dé­bats des pri­maires, dans une course à l’au­dience ir­res­pon­sable, en­clen­che­ra au­to­ma­ti­que­ment une « mé­ca­nique mor­ti­fère ». Au fond, le pré­sident ne cache pas qu’il au­rait pré­fé­ré un pre­mier tour « à l’an­cienne », dans le­quel chaque can­di­dat pré­sente son pro­gramme à l’an­tenne, seul face aux Fran­çais, puis qu’un dé­bat té­lé­vi­sé soit or­ga­ni­sé entre les fi­na­listes du se­cond tour.

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