L’im­pos­sible Mon­sieur Mé­mé

MÉ­MÉ, PAR PHI­LIPPE TORRETON, J’AI LU, 142 P., 6,50 EU­ROS.

L'Obs - - Lire - DA­VID CAVIGLIOLI

Phi­lippe Torreton adore sa grand-mère, et il tient à le faire sa­voir. Il ap­pelle sa grand-mère « Mé­mé », comme si on la connais­sait, et il le fait à chaque phrase ou presque. Il parle de Mé­mé (« Mé­mé ne connais­sait pas le cours des ma­tières pre­mières ») ou s’adresse à Mé­mé (« Grâce à toi, mé­mé, je com­prends les pein­tures ru­pestres »). Mé­mé, pay­sanne de Nor­man­die, est un beau per­son­nage, mais il le ré­duit, avec ce so­bri­quet et ce ton faus­se­ment rus­tique qui gâte sa pein­ture, sou­vent ins­pi­rée, de l’at­mo­sphère fer­mière. Et puis on fi­nit par ne pas com­prendre ce qu’on fait là. Torreton pour­rait presque se pas­ser d’un lec­teur. Il passe son temps à ex­pli­quer que son his­toire est plus in­té­res­sante que celle des autres. Des Pa­ri­siens, sur­tout, cibles du livre. Il ne perd au­cune oc­ca­sion de leur si­gni­fier son mé­pris, gras­se­ment. Il a sur­tout très en­vie qu’on sache qu’il n’en est pas un, qu’il vient du monde des blouses à fleurs et du « pain mou », pas des pouffes en « Yves Saint-La­ger­feld » et de la « der­nière ba­guette pa­ri­sienne à la mode ». Tant d’an­ti-va­ni­té fi­nit par avoir l’air va­ni­teux.

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