MON­SIEUR ET MA­DAME ADEL­MAN PAR NI­CO­LAS BE­DOS

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

Co­mé­die dra­ma­tique fran­çaise, avec Ni­co­las Be­dos, Do­ria Tillier, De­nis Po­da­ly­dès (2h).

Le pre­mier film de et avec Ni­co­las Be­dos (pho­to) lui res­semble, en mieux. Do­ria Tillier (pho­to), ex-miss mé­téo de Ca­nal+, sa par­te­naire à l’écran et à la ville, l’a vi­si­ble­ment ins­pi­ré. Re­mar­quable ac­trice, elle a co­écrit avec lui le scé­na­rio, ré­cit des qua­rante-cinq ans de la vie d’un couple. Lui, Vic­tor, écri­vain en rup­ture avec sa fa­mille ca­tho de droite, est un nar­cisse in­sup­por­table mais si sé­dui­sant lorsque ses pro­vo­ca­tions et ses em­por­te­ments ro­man­tiques tra­hissent l’en­fant mal-ai­mé. Elle, Sa­rah, d’ori­gine mo­deste et ash­ké­naze, a re­mi­sé ses am­bi­tions pour les beaux yeux de ce tout-à-l’ego. Le temps de la ren­contre et de l’idylle adopte le style des co­mé­dies sen­ti­men­tales de Woo­dy Al­len. Quand vient ce­lui des dé­chi­rures et des ar­ran­ge­ments, Be­dos pompe Paul Tho­mas An­der­son et en­quille les scènes conflic­tuelles et théâ­tra­li­sées qui durent jus­qu’au ma­laise. Mal­gré ces lourdes fi­gures tu­té­laires, un ton s’im­pose, en­le­vé jusque dans sa réa­li­sa­tion d’une éton­nante flui­di­té. Be­dos règle ses comptes avec la fa­mille, se joue des cli­chés, de la bien-pen­sance et du com­plexe de l’im­pos­teur avec plus ou moins de bon­heur, et du pa­nache. Sur­tout, son couple existe. S’il n’est pas tou­jours beau, l’amour dure donc plus de trois ans.

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