La­dy L.

SEMPER FE­MI­NA, PAR LAU­RA MARLING (MORE ALARMING RE­CORDS/KOBALT/PIAS).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS ARMANET

Pour un pays prompt de­puis tou­jours à dé­cou­vrir les ta­lents étran­gers, la chan­teuse an­glaise n’est pas connue ici comme elle le mé­rite. Une nou­velle fois, la dia­phane aris­to­crate se montre l’hé­ri­tière des grandes dames du folk. La preuve par neuf chan­sons. « Soo­thing » par la grâce sai­si d’em­blée, « The Val­ley » d’un bleu jo­ni­mit­chel­lien, « Wild­fire » à la flamme Ni­co, « Al­ways This Way » en écho d’une autre Lau­ra (Ny­ro), « Wild Once » où Car­ly Si­mon croi­se­rait Paul Si­mon… Il faut être cu­lot­té pour ap­pe­ler son al­bum « Semper Fe­mi­na » sous les aus­pices de Vir­gile. Livre IV de « l’Enéide » : « Va­rium et mu­ta­bile semper fe­mi­na » (« La femme est chose qui tou­jours va­rie et change »), c’est la fuite bru­tale d’Enée, l’aban­don de la reine Di­don. Or­gueil et lan­gueur, larmes et pas­sion fu­rieuse, ca­prices et re­grets, puis­sance et fra­gi­li­té. Re­ve­nue d’un dur cha­grin d’amour, ins­pi­rée par Lou An­dreas-Sa­lo­mé, Lau­ra Marling ex­plore la so­ro­ri­té amou­reuse, la sau­va­ge­rie fé­mi­nine, la psy­ché pri­mi­tive et l’in­ter­dit. « Semper Fe­mi­na » : brû­lant ma­ni­feste.

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