“On sort du cadre ré­pu­bli­cain”

L'Obs - - Politique-Fiction - MAËL THIER­RY

Au­to­ri­ser la pré­fé­rence na­tio­nale, ré­ta­blir la su­pé­rio­ri­té de la loi fran­çaise sur les trai­tés eu­ro­péens et gé­né­ra­li­ser les ré­fé­ren­dums, voi­là ce que Ma­rine LePen pro­pose de sou­mettre au peuple fran­çais dans le pre­mier ré­fé­ren­dum qu’elle or­ga­ni­se­rait. « Ces pro­po­si­tions ef­facent la forme ré­pu­bli­caine du gou­ver­ne­ment. On passe de la Ré­pu­blique à l’Etat fran­çais, es­time le pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel à Paris-I Do­mi­nique Rous­seau (1). La pré­fé­rence na­tio­nale, c’est pas­ser de l’éga­li­té entre tous à la dis­cri­mi­na­tion au pro­fit des seuls membres de la pa­trie. On sort du cadre ré­pu­bli­cain qui pose l’éga­li­té de­vant la loi de tous les ci­toyens sans dis­tinc­tion d’ori­gine, de race ou de re­li­gion (ar­ticle1er de la Consti­tu­tion). Quant à la sup­pres­sion du cha­pitre sur l’Union eu­ro­péenne et la su­pé­rio­ri­té de la loi fran­çaise sur les trai­tés eu­ro­péens, elle rompt avec un prin­cipe po­sé dans le pré­am­bule de la Consti­tu­tion: la Ré­pu­blique fran­çaise ac­cepte de li­mi­ter sa sou­ve­rai­ne­té pour tout pro­jet qui per­mette de dé­fendre la paix. Tout ce­la est co­hé­rent avec la vo­lon­té d’élar­gir le champ d’in­ter­ven­tion du ré­fé­ren­dum. Gou­ver­ner par ré­fé­ren­dum, c’est se li­bé­rer de ce que le FN consi­dère comme un car­can mais qui est une ga­ran­tie pour le peuple. Chan­ger ain­si la Consti­tu­tion, c’est chan­ger la carte d’iden­ti­té de la France. » (1) Au­teur de « Ra­di­ca­li­ser la dé­mo­cra­tie » (Seuil).

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