Ro­sen­blatt et son com­plexe

L’AF­FAIRE RO­SEN­BLATT, PAR JOËL HAROCHE, GRAS­SET, 192 P., 17 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

Dès les pre­mières pages, il s’avère que l’au­teur (pho­to) est un faus­saire. Il pousse le raf­fi­ne­ment jus­qu’à imi­ter les tra­duc­tions de l’amé­ri­cain. Qui a lu « Port­noy et son com­plexe », de Phi­lip Roth, ne se­ra pas dé­pay­sé. La fa­mille Ro­sen­blatt (en fran­çais : Pé­tale de Rose) n’est ce­pen­dant pas éta­blie à New York mais à Dal­las (Texas) où, dans les an­nées 1960, il ne fait pas bon être juif, athée, d’ori­gine russe, cas­triste, et, qui pis est, fau­ché. Il y a Grand’Pa, qui at­tend le re­tour de sa femme en­fuie de­puis long­temps et bloque les toi­lettes en rai­son d’une consti­pa­tion in­vé­té­rée. Le père, avo­cat ca­la­mi­teux qui ne de­mande qu’une chose à la vie : rou­piller. La mère, qui s’en­or­gueillit d’ap­par­te­nir à la noble lignée des Kat­ze­nel­len­bo­gen (en fran­çais : Coude de Chat) et n’a que Dar­win à la bouche. Na­than, le fils de 8 ans dont l’hy­per­mné­sie fait un phé­no­mène de foire. Et Elias, l’aî­né, 10 ans, qui avec un hu­mour ra­va­geur fait of­fice de nar­ra­teur. Le ta­bleau ne se­rait pas com­plet si la fa­mille ne s’était liée d’ami­tié avec un p’tit gars très sym­pa, un an­cien ma­rine qui ne porte pas Ken­ne­dy dans son coeur, un cer­tain Lee Har­vey Os­wald… « L’Af­faire Ro­sen­blatt » est une pas­ti­che­rie, c’est vrai, mais quel fes­tin !

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