Pow ! Blop ! Shins !

HEART­WORMS, PAR THE SHINS (CO­LUM­BIA).

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

C’était il y a treize ans. Na­ta­lie Port­man, dans le film « Gar­den State », ten­dait son casque à l’ac­teur­réa­li­sa­teur Zach Braff et lui souf­flait : « Cette chan­son va chan­ger ta vie. » Dans les écou­teurs, « New Slang », de The Shins, le groupe qui a ren­du la foi aux es­thètes de la pop au cours des an­nées 2000. De­puis « Chutes Too Nar­row » en 2003, chaque al­bum du combo de James Mer­cer (pho­to), dé­sor­mais seul aux com­mandes, a sur l’au­di­teur un ef­fet Qua­li­ty Street, boîte à bon­heur, où l’on ne sait ja­mais sur quel goût on va tom­ber. « Heart­worms », leur cin­quième, ne dé­roge pas à la règle. Les construc­tions mé­lo­diques, les choeurs en har­mo­nie, l’hu­meur nos­tal­gique sont là, mais ré­in­ven­tés à chaque mor­ceau. Et le ré­sul­tat n’a ja­mais été aus­si bi­gar­ré. Slow eigh­ties pour fée­rie hal­lu­ci­no­gène (« Fan­ta­sy Is­land » et ses ar­pèges de syn­thé fa­çon « Ba­ba O’Ri­ley » des Who), coun­try folk sor­tie d’un rêve em­bru­mé (« Mil­den­hall »), ara­besques ob­sé­dantes aux ac­cents orien­taux à la Sioux­sie and the Ban­shees (« Pain­ting a Hole »). Foi­son­nant, par­fois sur­char­gé dans ses ar­ran­ge­ments, mais ja­mais vel­léi­taire, le disque est ce­lui d’un or­fèvre aux goûts im­purs, pa­rant vo­lon­tiers ses com­po­si­tions à l’or fin d’or­ne­ments fan­tai­sie. A écou­ter chez soi plu­tôt que sur scène, où, sou­vent, les Shins ne rendent pas jus­tice à leur mu­sique.

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