De­peche pro

SPI­RIT, PAR DE­PECHE MODE (CO­LUM­BIA).

L'Obs - - Critiques - N. S.

La pre­mière chose qui frappe à l’écoute du nou­veau De­peche Mode, ce sont les pa­roles. De la pre­mière plage, « Going Ba­ck­wards » (« Nous re­ve­nons en ar­rière vers une men­ta­li­té d’homme des ca­vernes »), à la der­nière, « Fail » (« Nous échouons. Com­ment al­lons-nous faire face? Il est même in­utile d’es­pé­rer »), le groupe cède au ca­tas­tro­phisme, pleure la perte des va­leurs et ap­pelle à la ré­vo­lu­tion (« Where’s the Re­vo­lu­tion »). Qui, mu­si­ca­le­ment, n’a pas lieu. Vé­nères mais pé­pères, les trois quin­quas se contentent de ce qu’ils savent faire. Au moins le font-ils bien. Après deux al­bums pa­res­seux, « Spi­rit » re­dresse la barre d’une dis­co­gra­phie dont on avait fi­ni par ne plus at­tendre grand-chose. La pro­duc­tion de James Ford des ex­cel­lents Si­mian Mo­bile Dis­co n’y est pas in­no­cente, sa science des mo­du­la­tions élec­tro em­me­nant les plages down­tem­po, les plus belles, vers des cimes in­soup­çon­nées : « The Worst Crime » et, sur­tout, « Co­ver Me », chan­son d’amour épique aux vo­lutes syn­thé­tiques qui semble sor­tie de la B.O. de « Blade Run­ner ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.