Le mi­nis­tère de la Jus­tice se dé­fend

L'Obs - - Le Telephone Rouge - MATHIEU DELAHOUSSE

La po­lé­mique lan­cée par Fran­çois Fillon sur les re­mon­tées d’in­for­ma­tions à propos des en­quêtes en cours fait grin­cer des dents au mi­nis­tère de la Jus­tice. La chan­cel­le­rie est fâ­chée d’être mise en cause sur le ter­rain de la trans­pa­rence alors qu’elle cher­chait de­puis 2012 à y re­trou­ver une ver­tu et à prou­ver qu’à dé­faut d’être cou­pé, le cor­don entre les pro­cu­reurs et la place Ven­dôme n’était pas aus­si ser­ré qu’au­pa­ra­vant. A la puis­sante mais dis­crète Di­rec­tion des Af­faires cri­mi­nelles et des Grâces (DACG), long­temps sur­nom­mée la tour de contrôle des af­faires, le nombre de « dos­siers si­gna­lés » était de 50 000 en 2012. Mais il avait été di­vi­sé par cinq en sep­tembre 2013 après qu’une loi avait im­po­sé que seules « les pro­cé­dures pré­sen­tant une pro­blé­ma­tique d’ordre

so­cié­tal, un en­jeu d’ordre pu­blic, ayant un re­ten­tis­se­ment mé­dia­tique na­tio­nal » de­vaient re­mon­ter… En contre­par­tie de cette vo­lon­té de tout sa­voir, le mi­nis­tère s’en­ga­geait à ne plus in­ter­ve­nir dans les dos­siers. Au­jourd’hui, se­lon les chiffres ob­te­nus par « l’Obs », 8 000 af­faires sont en­core si­gna­lées, dos­siers de ter­ro­risme com­pris. Et le poste de di­rec­teur de la DACG de­meure déses­pé­ré­ment l’ob­jet de tous les soup­çons po­li­tiques. Avant d’y nom­mer Ro­bert Gel­li, la gauche avait trou­vé à ce poste en 2012 Ma­ry­vonne Cailli­botte, ma­gis­trate et an­cienne conseillère jus­tice à Ma­ti­gnon d’un cer­tain… Fran­çois Fillon.

Ro­bert Gel­li, di­rec­teur de la DACG.

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