La fo­lie Utu

PAR GEOFF MUR­PHY. FILM D’AVEN­TURES NÉO-ZÉLANDAIS, AVEC ANZAC WAL­LACE, BRU­NO LA­WRENCE, WI KUKI KAA (1983, 1H57).

L'Obs - - Critiques - N. S.

Au dé­bat ré­cent sur la co­lo­ni­sa­tion, « Utu » offre une ré­ponse dé­vas­ta­trice. Comment un tel film a-t-il pu tom­ber dans les ou­bliettes de la ci­né­phi­lie, et son réa­li­sa­teur, Geoff Mur­phy, de­ve­nir par la suite un usi­neur de na­nars pour Ch­ris­tophe Lam­bert ou Ste­ven Sea­gal ? Utu, c’est le châ­ti­ment que Te Wheke ré­serve aux Pa­ke­has, les NéoZé­lan­dais d’ori­gine eu­ro­péenne, de­puis que sa famille s’est vu dé­ci­mer par l’ar­mée co­lo­niale bri­tan­nique, qui le comp­tait dans ses rangs. Gri­mé se­lon la tra­di­tion mao­rie, Te Wheke sur­git tel un dia­blo­tin de sa boîte et sème la mort avec ses hommes, ici dans une église à l’heure de la messe, là chez un pro­prié­taire ter­rien. Sa fo­lie meur­trière ré­pond à la bar­ba­rie du co­lo­nia­lisme en même temps qu’elle l’in­carne. Enorme suc­cès lo­cal à sa sor­tie, pré­sen­té hors com­pé­ti­tion à Cannes en 1983 et au­jourd’hui res­tau­ré, ce wes­tern des an­ti­podes est dingue. Entre ly­risme amer, vio­lence sèche et ac­cents gro­tesques, il sur­prend jusque dans son dé­noue­ment, po­li­ti­que­ment ter­ras­sant.

Anzac Wal­lace, alias Te Wheke.

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