Plus fortes que Beyon­cé

PAR CHLOE X HALLE. DIS­PO­NIBLE ET TÉ­LÉ­CHAR­GEABLE GRA­TUI­TE­MENT SUR YOU­TUBE.

L'Obs - - Critiques - FA­BRICE PLISKIN

Ce sont deux soeurs nées sous le signe du tem­po. Duo R’n’B ori­gi­naire d’At­lan­ta, Chloe et Halle Bai­ley (ci-des­sous) ont res­pec­ti­ve­ment 19 et 17 ans, et rien ni per­sonne ne semble ré­sis­ter à l’abra­ca­da­bran­tesque ta­lent de ces jo­lies ex­tra­ter­restres. Femme de goût, Mi­chelle Oba­ma, qui les ad­mire, les avait in­vi­tées, avec Mis­sy El­liot et Kel­ly Row­land, sur sa chan­son ca­ri­ta­tive « This Is For My Girls », ma­ni­feste pour l’édu­ca­tion des jeunes filles. Halle et Chloe sont aus­si ap­pa­rues sur « Le­mo­nade », l’al­bum vi­déo de Beyon­cé, avant de faire sa pre­mière par­tie en juillet 2016, au Stade de France.

En 2014, les deux soeurs mettent en ligne une re­prise de « Pret­ty Hurts », chan­son de Beyon­cé. La fée mil­lion­naire du R’n’B par­tage la vi­déo sur sa page Fa­ce­book. Un an plus tard, les deux soeurs signent un contrat d’un mil­lion de dol­lars avec Park­wood En­ter­tain­ment, le la­bel de Beyon­cé. Après une pre­mière mix­tape, « Su­gar Sym­pho­ny », et le tube « Drop », Chloe et Halle livrent au­jourd’hui, sur You­Tube, en té­lé­char­ge­ment gra­tuit, une oeuvre de 25 mi­nutes in­ti­tu­lée « The Two Of Us ». Ni al­bum ni mix­tape, pré­cisent-elles non sans co­quet­te­rie sur leur site. « The Two Of Us » est une mer­veille d’ori­gi­na­li­té et de pro­duc­tion. Autre co­quet­te­rie : les chan­sons n’ont pas de titre. Sur la vi­déo, on peut com­men­cer, par exemple, par le tube qui se trouve à 19:13, his­toire de se pâ­mer de­vant la souple élé­gance de ses har­mo­nies vo­cales.

La ca­dette, Halle, qui joue de la gui­tare et se consi­dère comme une jaz­zeuse, écoute Billie Ho­li­day de­puis qu’elle a 5 ans. Ce qui ne l’em­pêche pas de rap­per (chose étrange) comme une rap­peuse de Londres. Quant à l’aî­née, Chloe, qui joue des cla­viers, sa voix rap­pelle un peu celle de Beyon­cé, mais en moins « ath­lé­ti­co Broad­way fit­ness club », et com­bien plus trou­blante, plus mys­té­rieuse, puis­qu’elle évoque aus­si, par ins­tants, l’or­gane élé­giaque de Beth Gib­bons (la chan­teuse du groupe an­glais Por­ti­shead), voire le timbre d’An­nie Len­nox de Eu­ryth­mics (écou­tez la chan­son à 10:34). Nous voi­là donc en ex­cel­lente com­pa­gnie.

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