Le grand huit de Gui­do­ni

PAR JEAN GUI­DO­NI (TACET). LE 4 AVRIL À L’EU­RO­PÉEN.

L'Obs - - Critiques - SO­PHIE DELASSEIN

Et su­bi­te­ment, à contre­temps, à contre-époque, la voix de Jean Gui­do­ni fait taire les bruits pa­ra­sites. Un pia­no et quelques vio­lons l’ac­com­pagnent en la sou­li­gnant tan­dis qu’elle dresse l’au­to­por­trait, si émou­vant, d’un homme fra­gi­li­sé, abî­mé, for­cé­ment cour­ba­tu – in­ca­pable de s’ex­traire du « Grand Huit » ver­ti­gi­neux de l’exis­tence, cette « ma­chine in­fer­nale à la mé­ca­nique bru­tale ». Trois ans après « Pa­ris-Mi­lan », son mé­mo­rable hom­mage au chan­teur poète Al­lain Le­prest, Gui­do­ni re­noue ici avec le goût d’écrire. De ses jours en­tiers pas­sés à écou­ter « le bruit des nuages », il re­vient « riche de so­li­tude », plus sage, fa­ta­liste au point de dé­cla­rer sans tré­mo­lo : « Ma vie est un nau­frage, mais je n’y peux plus rien. » Et nous offre ses « Légendes ur­baines », disque im­por­tant pour tous ceux qui dé­plorent que la poé­sie dé­serte notre pré­sent.

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