Trois Ra­chi­da Brak­ni

DE STE­FA­NO MASSINI. JUS­QU’AU 9 AVRIL, THÉÂTRE DU ROND-POINT, PA­RIS-8E ; RENS. : 01-44-95-98-21.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

Après « Femme non ré­édu­cable » où il ho­no­rait la mé­moire d’An­na Po­lit­kovs­kaïa, l’hé­roïque jour­na­liste russe exé­cu­tée à cause de son té­moi­gnage sur les guerres tché­chènes, après « Cha­pitres de la chute » où il ra­con­tait la sa­ga des Leh­man Bro­thers, l’Ita­lien Ste­fa­no Massini aborde le conflit is­raé­lo-pa­les­ti­nien. Il en­tre­croise les mo­no­logues d’une étu­diante ga­zaouie can­di­date ka­mi­kaze, d’une en­sei­gnante is­raé­lienne pa­ci­fiste et d’une sol­date états-unienne cen­sée ai­der à lut­ter contre le ter­ro­risme. Les­quelles, l’au­teur l’an­nonce dès le dé­part, vont pé­rir dans le même at­ten­tat. Comment et pour­quoi Shi­rin, Eden et Mi­na, qui ne se connais­saient pas, se sont-elles croi­sées à la même heure en un même en­droit de Tel-Aviv ? C’est ce que Ste­fa­no Massini se pro­pose de dire et… ne dit pas. Comme s’il crai­gnait de s’en­ga­ger. Ain­si ne ré­vèle-t-il qua­si­ment rien des rai­sons autres que re­li­gieuses qui poussent Shi­rin au mar­tyre, ni du pa­ci­fisme d’Eden, et moins en­core du neu­tra­lisme de Mi­na. Dis­cu­table de ren­voyer dos à dos l’oc­cu­pé et l’oc­cu­pant ! Sur le plan dra­ma­tur­gique le ré­sul­tat s’avère d’au­tant moins convain­cant que Ra­chi­da Brak­ni (pho­to) qui in­ter­prète les trois femmes ne trace pas entre elles de fron­tières as­sez nettes. On flotte chaque fois qu’elle passe de l’une à l’autre. L’au­teur, l’ac­trice et le met­teur en scène (Ar­naud Meunier) ont beau­coup de ta­lent. Cu­rieu­se­ment, au­cun d’eux ne le dé­ploie ici. Dieu seul sait pour­quoi.

« Hom­mage au Pu­tain in­con­nu », Michel Jour­niac, 1973.

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