Rim­baud en py­ja­ma…

D’AR­THUR RIM­BAUD. LUCERNAIRE, PA­RIS-6E ; 01-45-44-57-34.

L'Obs - - Critiques - J. N.

Li­vré au pu­blic près d’un quart de siècle après sa mort, le tes­tament poé­tique d’un gé­nie de 19 ans pro­vo­qua chez la gent lit­té­raire la même stu­peur et les mêmes re­mous que le mo­no­lithe noir tom­bé par­mi les grands singes dans « 2001. L’odys­sée de l’es­pace », de Stan­ley Ku­brick. Tou­te­fois les va­ti­ci­na­tions de Rim­baud sont si­byl­lines. Seuls des éclairs ful­gu­rants, heu­reu­se­ment nom­breux, per­mettent de s’y re­con­naître. Pas sûr que la meilleure fa­çon de pé­né­trer ce texte soit d’al­ler voir Jean-Quen­tin Châ­te­lain (ou plu­tôt l’écou­ter puis­qu’il reste dans la pé­nombre la plu­part du temps) re­vê­tu d’un py­ja­ma noir, im­mo­bile au mi­lieu d’une es­pèce de cra­tère vol­ca­nique, en train de chan­ton­ner d’une pe­tite voix tré­mu­lante les ver­sets rim­bal­diens agré­men­tés par lui d’un ac­cent à cou­per au cou­teau suisse. La mise en scène est si­gnée Ulysse Di Gre­go­rio mais on y sent l’empreinte de Claude Ré­gy avec qui Châ­te­lain a sou­vent tra­vaillé.

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