Le Gaye-sa­voir

MY LOVE DI­VINE DEGREE, PAR CO­DY CHES­NUTT (ONE LIT­TLE IN­DIAN).

L'Obs - - ECOUTER - FA­BRICE PLISKIN

Il a tro­qué son casque de chantier pour un cha­peau de ho­bo. Ori­gi­naire d’At­lan­ta, où il né il y a 49 ans, fils d’un pro­fes­seur de ma­thé­ma­tiques et d’une em­ployée de banque, Co­dy Chest­nutt per­pé­tue la tra­di­tion de la soul tout en la fé­con­dant de cla­po­tis syn­thé­tiques et d’ar­ran­ge­ments ou de dé­ran­ge­ments lo-fi. Il a en­re­gis­tré son troi­sième al­bum dans les stu­dios de Ra­phael Saa­diq, à North Hol­ly­wood. Ecou­tez la pre­mière par­tie de « She Ran Away », chan­son où s’en­tendent à la fois les mânes du dé­funt Mar­vin Gaye et de son vi­vant épi­gone R. Kel­ly, mais pro­duite, en op­po­si­tion aux oeuvres lé­chées de ses aî­nés, avec une es­pèce de gra­cieuse rus­ti­ci­té faus­se­ment brouillonne. Le Mar­vin Gaye de « What’s Going on » reste l’ob­ses­sion et le maître de Ches­nutt, qui a ana­ly­sé ses mille mo­tifs vo­caux et sa science de la vul­né­ra­bi­li­té. Dans son ca­hier des charges : fal­set­to, choeurs ca­pi­teux et « mes­sages » de prix No­bel de la paix (« Afri­ca the Fu­ture » ou le beau « So Sad to See (A Lost Ge­ne­ra­tion) ». Ce qui n’em­pêche pas Ches­nutt de re­vi­si­ter aus­si le reg­gae à la Toots & The May­tals (« Make a Bet­ter Man ») ou même l’élec­tro-pop (« Image of Love »), sans ja­mais at­ten­ter à la belle uni­té es­thé­tique de son puis­sant disque.

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