Un conte russe en­dia­blé

HIS­TOIRE DU SOL­DAT, DE RAMUZ ET STRA­VINS­KY. THÉÂTRE DE POCHE-MONT­PAR­NASSE, PA­RIS-6E ; 01-45-44-50-21. JUS­QU'AU 16 JUILLET.

L'Obs - - CRITIQUES - J. N.

Il faut être fou pour ac­cueillir « His­toire du sol­dat » sur une scène aus­si vaste qu’un mou­choir de poche. Grâce à la flui­di­té de la mise en scène de Sté­phan Druet, sept mu­si­ciens et leur chef, trois co­mé­diens et une dan­seuse se par­tagent le pla­teau sans se mar­cher sur les pieds. Faut-il rap­pe­ler le su­jet du mi­mo­drame né de l’ami­tié de Charles-Fer­di­nand Ramuz et d’Igor Stra­vins­ky qui, après la Ré­vo­lu­tion d’octobre, trou­va re­fuge en Suisse ? Ramuz s’ins­pire d’un conte russe que Stra­vins­ky a tra­duit pour lui : un sol­dat en per­mis­sion qui a l’im­pru­dence de cé­der son vio­lon au diable. Mais son gé­nie conju­gué à ce­lui de Stra­vins­ky trans­cende la fable et fait de cet opé­ra de chambre ini­tia­le­ment des­ti­né à des tré­teaux am­bu­lants un chef-d’oeuvre ab­so­lu. Claude Au­faure (le lec­teur), Li­ci­nio Da Sil­va (le diable) et Fa­bian Wol­from (le sol­dat) sont dé­li­cieux. Le spec­tacle plai­ra aus­si au jeune pu­blic.

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