Le di­rec­teur de l’OCDE veut “pu­nir” la mon­dia­li­sa­tion

L'Obs - - LE TÉLÉPHONE ROUGE - SO­PHIE FAY

In­sup­por­table ! Au fil des ans, l’Or­ga­ni­sa­tion de Co­opé­ra­tion et de Dé­ve­lop­pe­ment éco­no­miques (OCDE) a me­su­ré l’évo­lu­tion des in­éga­li­tés de re­ve­nus et de pa­tri­moine. Elles aug­men­taient avant la crise de 2008. Elles ont ex­plo­sé de­puis et se tra­duisent par un net re­cul de l’éga­li­té des chances, en ma­tière d’édu­ca­tion, de santé, d’ac­cès à l’in­for­ma­tion ou au mar­ché du tra­vail. Ces « in­éga­li­tés d’op­por­tu­ni­tés », qui nour­rissent les votes an­ti-sys­tème, me­nacent à terme la mon­dia­li­sa­tion et le libre-échange, voire la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. « Pour

pu­nir la mon­dia­li­sa­tion, on cherche des sub­sti­tuts », ex­plique An­gel

Gurría (pho­to), le se­cré­taire gé­né­ral de l’OCDE. Il a donc ap­pe­lé les 35 Etats membres, réunis à Pa­ris en confé­rence mi­nis­té­rielle, à tra­vailler avec lui pour trou­ver des so­lu­tions en vue d’une « crois­sance

in­clu­sive ». Celles-ci passent, se­lon lui, par un ré­équi­li­brage du rap­port de force entre les mul­ti­na­tio­nales, no­tam­ment tech­no­lo­giques, et le

reste de l’éco­no­mie. « Cer­tains sec­teurs, cer­tains pans de la po­pu­la­tion n’ont pas les moyens de prendre la vague de la mon­dia­li­sa­tion. Cer­tains n’ont pas un tra­vail qui leur per­mette d’en pro­fi­ter, qui leur donne leur chance. C’est no­tam­ment vrai pour les pe­tites et moyennes en­tre­prises ou pour celles qui ont du mal à s’adap­ter. » Il ajoute : « L’OCDE est au coeur de cette ba­taille pour ré­équi­li­brer les règles du jeu, en par­ti­cu­lier sur le plan fis­cal. Les mul­ti­na­tio­nales savent qu’elles ont bé­né­fi­cié d’une bonne pé­riode, mais que main­te­nant, c’est fi­ni. Elles doivent payer ce qu’elles doivent aux Etats. »

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