Diane et Yseult

LE POIDS DES OMBRES, PAR MA­RIE LA­BERGE, STOCK, 504 P, 22 EU­ROS.

L'Obs - - LIRE - CLAIRE JULLIARD

Que sub­siste-t-il des êtres après notre mort ? Com­ment « ceux qui res­tent » sur­vivent-ils à leur ab­sence ? Ces ques­tions hantent l’oeuvre puis­sante et maintes fois récompensée de Ma­rie La­berge. Les ombres se font plus pe­santes en­core lorsque la dé­funte s’est sui­ci­dée. Comme la belle Yseult que sa fille Diane, la nar­ra­trice tren­te­naire, vient iden­ti­fier à la morgue. Elle n’avait pas re­vu sa mère de­puis sept ans. Tristes re­trou­vailles qui poussent la jeune femme à re­mettre de l’ordre dans sa vie et à faire le point sur ses liens avec ses proches. Et sur­tout à re­ve­nir sur l’amour des­po­tique qu’elle vouait à Yseult la sé­duc­trice. Elle lui a fait la guerre, s’est construite contre elle. Or, de­puis sa dis­pa­ri­tion, Diane chute et dé­rive. On lui re­met les bagues of­fertes par les hommes de la vie d’Yseult. Celles-ci consti­tuent au­tant d’in­dices qui in­citent Diane, née de père in­con­nu, à en­quê­ter sur le mys­tère de ses ori­gines et sur les rai­sons de la mort de sa mère. En po­sant un nom sur chaque bijou, elle ouvre les yeux sur des réa­li­tés in­soup­çon­nées. Pa­ru en 1994 au Qué­bec, ce ro­man ma­gni­fique sonde la pro­fon­deur d’un lien fi­lial com­plexe avec une acui­té psy­cho­lo­gique qui force l’ad­mi­ra­tion.

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