Rap­pus Aca­de­mi­cus

LIMINAL MINDS, PAR OBASI SHAW (DIS­PO­NIBLE SUR LE SITE SOUNDCLOUD)

L'Obs - - ECOUTER - FA­BRICE PLIS­KIN

Ça pulse grave dans le champ universitaire. Obasi Shaw, étu­diant en qua­trième an­née à Har­vard, a ren­du, en guise de mé­moire de fin d’études, un al­bum de rap. Il a ob­te­nu la men­tion sum­ma cum laude mi­nus, soit juste au-des­sous de la men­tion très bien. Ain­si va le nou­vel ho­mo aca­de­mi­cus : « L’ins­ti­tu­tion sco­laire est une des ins­tances à tra­vers les­quelles l’Etat exerce son mo­no­pole de vio­lence sym­bo­lique lé­gi­time », di­sait Pierre Bour­dieu, dé­cé­dé en 2002, an­née de sor­tie de l’al­bum « The Emi­nem Show ». Par ce coup d’éclat, le thé­sard américain, ori­gi­naire de l’Etat de Geor­gie, contri­bue­ra-t-il à conju­rer la fa­ta­li­té plu­ri­sé­cu­laire de cette vio­lence sym­bo­lique ? Son tra­vail, par­don, sa mix­tape universitaire in­ti­tu­lée « Liminal Minds » ( jeu de mots sur « Cri­mi­nal Minds ») contient dix titres sur la condi­tion afro-amé­ri­caine, comme « I Am Not Your Nig­ger », ré­fé­rence à James Bald­win. Ad­mi­ra­teur de La­mar et de Chance, le rap­pus aca­de­mi­cus aborde les thèmes de l’es­cla­vage ou de la vio­lence po­li­cière. Se­lon son di­rec­teur de thèse, son mode de nar­ra­tion s’ins­pire des « Contes de Can­ter­bu­ry », de Chau­cer, poète an­glais ma­tri­ciel du xive siècle. Ce mé­moire mu­si­cal est dis­po­nible gra­tui­te­ment sur le site Soundcloud.

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