Spé­cial pla­ce­ments

Les der­nières ten­dances de l’épargne

L'Obs - - SOMMAIRE - Dos­sier conçu par AGENCE FO­RUM NEWS Ré­dac­tion en chef : CAROLINE BRUN Ré­dac­tion : VI­VIANE CARTAIRADE, DA­VID GAREDJA, GILLES MANDROUX, FRAN­ÇOISE PAOLETTI, LAU­RENCE OL­LI­VIER

Au len­de­main de l’élec­tion pré­si­den­tielle, on en­ten­dait des sou­pirs de sou­la­ge­ment sur les mar­chés fi­nan­ciers. Une fois écar­té le risque d’une sor­tie de l’eu­ro, les cours de la Bourse ont re­com­men­cé à grim­per. Et les si­gnaux sont re­pas­sés au vert pour le mar­ché des ac­tions fran­çaises et eu­ro­péennes. Le 23 mai, le CAC 40, à 5 348 points, avait bon­di de 9% de­puis le dé­but de l’an­née, les ana­lystes ta­blant sur un ni­veau de 5 600 points, à la fin 2017.

La conjonc­ture éco­no­mique semble, en ef­fet, bien orien­tée. Le risque d’une re­mon­tée bru­tale des taux a été écar­té en même temps que s’ef­fon­drait le spectre d’une sor­tie de la zone eu­ro. Certes, les taux mo­né­taires et obli­ga­taires de­vraient re­prendre un cours as­cen­dant mais il se­ra lent et pro­gres­sif. Les dé­cla­ra­tions des banques cen­trales, amé­ri­caine et eu­ro­péenne, ont ras­su­ré. Exit la crainte d’une forte in­fla­tion à moyen terme! Par ailleurs, la sous-va­lo­ri­sa­tion des ac­tions fran­çaises et eu­ro­péennes par rap­port aux amé­ri­caines per­met de mi­ser sur une conti­nui­té de leur pro­gres­sion. D’au­tant que les ré­sul­tats des en­tre­prises au pre­mier se­mestre n’ont pas dé­çu. La re­prise des in­ves­tis­se­ments aux Etats-Unis est éga­le­ment de bon au­gure pour l’éco­no­mie mon­diale.

JOUER LA MO­DÉ­RA­TION

Pour au­tant, un peu de pru­dence s’im­pose. « Les prin­ci­paux mar­chés bour­siers af­fichent des pro­gres­sions à deux chiffres sur un an, les in­dices al­le­mands et amé­ri­cains ayant même fran­chi leur plus haut his­to­rique. Or de telles hausses n’iront pas sans des prises de bé­né­fices, no­tam­ment de la part des ins­ti­tu­tion­nels qui vont de­voir concré­ti­ser leurs ob­jec­tifs an­nuels de plus-va­lue. S’il reste un bon po­ten­tiel bour­sier pour les titres eu­ro­péens, une forte vo­la­ti­li­té est à craindre dans les mois à ve­nir. Les par­ti­cu­liers ont in­té­rêt à in­ves­tir en ac­tions de fa­çon tem­pé­rée et pro­gres­sive », pré­vient Philippe Cre­vel, éco­no­miste du Cercle de l’Epargne.

Reste que la fa­tale ten­ta­tion d’in­ves­tir trop ra­pi­de­ment en Bourse en pé­riode de forte pro­gres­sion des cours fait de moins en moins de vic­times. Car les Fran­çais res­tent très fri­leux, fuyant les pla­ce­ments à risque. « La pré­fé­rence pour la li­qui­di­té est his­to­rique, avec un ni­veau re­cord des dé­pôts à vue culmi­nant à 397,4 mil­liards d’eu­ros fin mars ! », sou­ligne Philippe Cre­vel.

AT­TENDRE OU SE FAIRE PLAI­SIR?

Les mé­nages laissent ma­jo­ri­tai­re­ment dor­mir leur argent sur leurs comptes cou­rants (voir ci-contre), ne se don­nant même plus la peine de le pla­cer sur des li­vrets ou des fonds sé­cu­ri­sés de l’as­su­rance-vie (les fa­meux fonds en eu­ros), dé­mo­ti­vés par des taux de ré­mu­né­ra­tion de plus en plus faibles. Sans doute cer­tains at­tendent-ils aus­si la mise en oeuvre de la ré­forme an­non­cée par le can­di­dat Ma­cron : une « flat tax » de 30% sur tous les re­ve­nus du pa­tri­moine, qui bé­né­fi­cie­rait sur­tout aux plus ai­sés, mais pé­na­li­se­rait les nou­veaux contrats d’as­su­rance-vie pour les foyers for­te­ment im­po­sés sur le re­ve­nu.

Quelles que soient les rai­sons qui nour­rissent l’at­ten­tisme, c’est peut-être le mo­ment de cé­der aux si­rènes des pla­ce­ments al­ter­na­tifs ? L’offre est de plus en plus di­verse. Qu’il s’agisse des pla­ce­ments dits « plai­sir » (oeuvres d’art, fo­rêts, vi­gnobles…, voir p. 82), de l’épargne « éthique » (agri­cul­ture bio, éner­gies re­nou­ve­lables…, voir p. 86) ou des nou­veaux pro­duits de l’in­ves­tis­se­ment im­mo­bi­lier (caves, par­kings…, voir p. 78).

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