L’homme qui me­nace Bay­rou et le MoDem

L'Obs - - LE TÉLÉPHONE ROUGE - VINCENT MON­NIER AVEC LU­CAS BUREL

Il pour­rait être l’homme par le­quel les en­nuis ju­di­ciaires ar­rivent pour le MoDem. An­cien sa­la­rié de la for­ma­tion cen­triste, Mat­thieu, âgé de 28 ans et tra­vaillant au­jourd’hui à la mai­rie de Pa­ris, a rme avoir été en par­tie ré­mu­né­ré, entre dé­cembre 2010 et no­vembre 2011, par l’As­so­cia­tion pour une Eu­rope ci­toyenne, pré­si­dée par JeanLuc Ben­nah­mias, sans ja­mais avoir tra­vaillé pour l’an­cien dé­pu­té eu­ro­péen. Le 9 juin der­nier, le par­quet de Pa­ris a an­non­cé l’ou­ver­ture d’une en­quête pré­li­mi­naire pour« abus de confiance et re­cel de ce dé­lit » à la suite du si­gna­le­ment dé­po­sé par le jeune homme. Du cô­té du MoDem, on parle de « ven­geance » et de « té­moi­gnage pas si spon­ta­né » vi­sant no­tam­ment à tor­piller, à Pa­ris, la cam­pagne lé­gis­la­tive de Ma­rielle de Sar­nez. « On a toutes les preuves, des mails no­tam­ment, du tra­vail réel qu’il a e ec­tué en lien avec le man­dat d’eu­ro­dé­pu­té de Jean-Luc Ben­nah­mias », confie une source au MoDem. An­cien conseiller en com­mu­ni­ca­tion de Fran­çois Bay­rou pen­dant la pré­si­den­tielle de 2012, Mat­thieu avait quit­té avec fra­cas le par­ti en 2014 pour sou­te­nir Anne Hi­dal­go lors des élec­tions mu­ni­ci­pales avant de prendre la suc­ces­sion de Gas­pard Gant­zer à la com­mu­ni­ca­tion de la ville de Pa­ris. Contac­té par « l’Obs », le jeune homme se dit dé­pas­sé par la tour­nure prise par l’a aire. C’est après avoir été contac­té par des jour­na­listes en­quê­tant sur les pré­su­més em­plois fic­tifs du MoDem qu’il au­rait dé­ci­dé de prendre at­tache avec un avo­cat. Ce der­nier lui au­rait alors conseillé de faire un si­gna­le­ment au par­quet : « Je l’ai fait le 7 juin. Le len­de­main, une grande par­tie des élé­ments se re­trou­vaient dans la presse », s’étonne-t-il. Se re­fu­sant à par­ler de sys­tème de dé­tour­ne­ment des fonds eu­ro­péens mis en place par le MoDem, il évoque ce­pen­dant plu­sieurs cas de sa­la­riés per­ma­nents du par­ti si­mi­laires au sien. A « l’Obs », il réa rme ne pas avoir tra­vaillé pour Jean-Luc Ben­nah­mias : « Je ne gé­rais ni son compte Twit­ter ni son propre site in­ter­net. » Et ba­laie toute vo­lon­té de ma­ni­pu­la­tion po­li­tique : « Si j’avais vou­lu le faire je me se­rais conten­té de don­ner des in­for­ma­tions à la presse de ma­nière ano­nyme. Ce­la m’au­rait évi­té d’avoir à être en­ten­du par les en­quê­teurs. »

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