EN ES­PAGNE, LE TOUT FLEXI­BI­LI­TÉ

L'Obs - - EN COUVERTURE - SAN­DRINE MO­REL, À MA­DRID

« En qua­rante ans de car­rière, je n’ai ja­mais vu une telle aug­men­ta­tion de la pré­ca­ri­té », as­sure Hi­la­rio Pi­nilla, chef de salle de 57 ans dans un res­tau­rant d’hô­tel à Ma­drid et res­pon­sable syn­di­cal à l’Union gé­né­rale des Tra­vailleurs (UGT). Après la ré­forme du tra­vail adop­tée en fé­vrier 2012 par le gou­ver­ne­ment conser­va­teur de

ria­no Ra­joy, « les en­tre­prises hô­te­lières se sont sé­pa­rées des em­ployés vé­té­rans, ceux qui leur coû­taient le plus cher, grâce à une clause qui au­to­rise les li­cen­cie­ments éco­no­miques après trois tri­mestres consé­cu­tifs de baisse des ventes, pour­suit-il. Ain­si elles n’avaient à les in­dem­ni­ser qu’à rai­son de vingt jours de sa­laire par an­née tra­vaillée du­rant un maxi­mum de douze mois, même si l’en­tre­prise conti­nuait à faire des bé­né­fices. Les femmes de chambre ont été les plus tou­chées. Comme la ré­forme per­met de se sous­traire aux ac­cords de branche et de faire pri­mer les ac­cords d’en­tre­prise, les hô­te­liers ont fa­ci­le­ment ex­ter­na­li­sé leur em­bauche à des en­tre­prises de ser­vices. Ces per­sonnes ont per­du jus­qu’à 40% de leur sa­laire et l’es­sen­tiel des droits ac­quis. »

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