La ré­vo­lu­tion des nou­velles banques

Pas chères, simples d’ac­cès, les néo­banques sont de re­dou­tables concur­rentes pour leurs aî­nées! Y com­pris pour les banques en ligne

L'Obs - - SPÉCIAL PLACEMENTS - DA­VID GAREDJA

Dé­po­ser sur le ta­pis de caisse du su­per­mar­ché, entre les yaourts et le sham­pooing, un pack com­pre­nant un vrai compte ban­caire et sa carte de paie­ment? Vous ne rê­vez pas, le pre­mier compte en li­bre­ser­vice est bien là ! Son nom est C-zam. Une ini­tia­tive de Car­re­four, qui l’a po­si­tion­né aux caisses de ses 3000 ma­ga­sins, de l’hy­per­mar­ché à la su­pé­rette de quar­tier. Sa par­ti­cu­la­ri­té? C-zam est non dis­cri­mi­nant : jeune désar­gen­té ou re­trai­té ai­sé, ou­vrier ou cadre, et même « in­ter­dit ban­caire », tout le monde y a ac­cès sans avoir à jus­ti­fier de ses res­sources ou de sa si­tua­tion. Ce qui n’est pas le cas des banques en ligne, exi­geant des condi­tions de sol­va­bi­li­té. Pour seule­ment 5 eu­ros à l’achat, puis 1 eu­ro par mois, C-zam per­met de do­mi­ci­lier ses re­ve­nus (sa­laire, pen­sion, al­lo­ca­tions…), de ré­gler ses fac­tures cou­rantes et de payer ses achats en France et dans le monde en­tier grâce à sa carte in­ter­na­tio­nale. En re­vanche, point de ché­quier ni de dé­cou­vert au­to­ri­sé, de dé­pôt de chèque ou de li­quide, d’agence ou de conseiller. Quant à l’ou­ver­ture du compte et son pi­lo­tage quo­ti­dien, tout se passe à dis­tance, sur smart­phone ou in­ter­net.

Certes, on connais­sait dé­jà un pré­cé­dent, l’ini­tia­teur des néo­banques. Cette nou­velle offre ban­caire low cost et di­gi­tale en rap­pelle, en ef­fet, une autre : le Compte-Ni­ckel, que l’on peut ou­vrir en quelques mi­nutes chez plus de 2 600 bu­ra­listes (lan­cé en 2014, son suc­cès a conduit BNP Pa­ri­bas à le ra­che­ter ré­cem­ment). Il af­fiche les mêmes ca­rac­té­ris­tiques que C-zam, mais reste plus cher à l’usage : 35 eu­ros en moyenne par an. « C-zam vient vrai­ment de bous­cu­ler le pay­sage avec un po­si­tion­ne­ment ta­ri­faire plus agres­sif, confirme Serge Maître, pré­sident de l’As­so­cia­tion fran­çaise des Usa­gers des Banques (Afub). Grâce à cette mul­ti­pli­ca­tion des offres de niche, cer­tains be­soins des consom­ma­teurs se trouvent com­blés hors des pro­po­si­tions lé­ni­fiantes des banques tra­di­tion­nelles et des bar­rières à la gra­tui­té des banques en ligne. » Les néo­banques at­tirent, en ef­fet, les clients lais­sés sans so­lu­tion sa­tis­fai­sante pour se ban­ca­ri­ser à prix rai­son­nable : jeunes ac­tifs au sta­tut pré­caire, de­man­deurs d’un compte se­con­daire pour sé­cu­ri­ser les achats sur in­ter­net ou fa­ci­li­ter des paie­ments à l’étran­ger, cou­tu­miers des dé­cou­verts et en­ne­mis des frais d’in­ci­dent liés. Sans comp­ter les per­sonnes me­nant une double vie : pas de cour­rier au do­mi­cile fa­mi­lial, pas de trace de paie­ment « of­fi­cieux » sur le compte du couple…

De nou­veaux pos­sibles, dont le choix va bien­tôt s’élar­gir avec l’en­trée en scène, dès le 6 juillet, d’Orange Bank, lan­cée par l’opé­ra­teur té­lé­com du même nom. « Carte et compte de paie­ment gra­tuits, dé­cou­vert au­to­ri­sé, cré­dit à la consom­ma­tion, compte épargne et, dans un se­cond temps, cré­dit im­mo­bi­lier ou as­su­rances : Orange Bank va ve­nir sé­vè­re­ment concur­ren­cer les nou­veaux et an­ciens ac­teurs du mar­ché », ex­plique Guillaume Cla­vel, pré­sident et fon­da­teur du com­pa­ra­teur Pa­no­ra­banques.com. Avec une am­bi­tion : leur ra­vir 2 mil­lions de clients en dix ans.

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