Un été meur­trier

CA­BA­RET BIARRITZ, PAR JO­SÉ C. VALES, TRA­DUIT DE L’ES­PA­GNOL PAR MAR­GOT NGUYEN BÉ­RAUD, DENOËL, 464 P., 21,50 EU­ROS.

L'Obs - - LIRE - VÉ­RO­NIQUE CASSARIN-GRAND

Du­rant l’été 1925, Biarritz fut le théâtre de morts tra­giques. Le ca­davre d’une jeune li­braire fut re­trou­vé dans le port, trois per­sonnes pé­rirent noyées et un jeune homme se sui­ci­da d’un coup de re­vol­ver de­vant un aréo­page de va­can­ciers dis­tin­gués à l’Hô­tel du Pa­lais. Treize ans plus tard, Georges Miet, jeune écri­vain « ar­thri­tique, boi­teux et presque aveugle », sur com­mande des édi­tions La For­tune, spé­cia­li­sées dans les pu­bli­ca­tions quelque peu sca­breuses, fut char­gé de ré­di­ger un « roman “sé­rieux” » sur cet été meur­trier. Nous avons entre les mains une édi­tion cri­tique (et dé­jan­tée) du ma­nus­crit de Miet, qui s’était alors ren­du dans la sta­tion bal­néaire pour in­ter­ro­ger ceux qui furent mê­lés à ces fâ­cheux évé­ne­ments : jour­na­listes, gen­darmes, fos­soyeurs, grands bour­geois et leurs do­mes­tiques, ar­tistes, un « en­tre­pre­neur cultu­rel », une bonne soeur, un pi­lote de mont­gol­fière, un lan­ceur de cou­teaux… Au fil des té­moi­gnages, qui sont au­tant d’au­to­por­traits dont la pré­somp­tion tourne sou­vent au ri­di­cule, le puzzle se re­cons­ti­tue, truf­fé de fausses pistes et de re­bon­dis­se­ments, où il ap­pa­raît que les morts de cet été 1925 ont un lien. Avec une maî­trise épous­tou­flante dou­blée d’un sens ai­gu de la pa­ro­die, Jo­sé C. Vales (pho­to) en­tre­lace thril­ler éru­dit et pi­quante sa­tire so­ciale. For­mi­dable !

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