Reines de tou­jours

DIC­TION­NAIRE AMOU­REUX DES REINES, PAR ÉVE­LYNE LE­VER, PLON, 640 P., 25 EU­ROS.

L'Obs - - LIRE - LAURENT LE­MIRE

Pour­quoi s’in­té­res­ser aux reines? Parce qu’elles sont sou­vent plus in­té­res­santes que les rois! Elles offrent en tout cas du pou­voir un autre as­pect et quand elles l’exercent vrai­ment et qu’elles ne sont pas seule­ment épouses de roi, elles af­fichent des per­son­na­li­tés sur­pre­nantes. Il suf­fit de pen­ser à Ca­the­rine II de Rus­sie, à Ch­ris­tine de Suède ou à Isa­beau de Ba­vière. On com­prend qu’Eve­lyne Le­ver ait vou­lu mettre par ordre al­pha­bé­tique ses coups de coeur. Grande spé­cia­liste de Ma­rie-An­toi­nette, l’his­to­rienne sait com­bien cet exer­cice est pé­rilleux. Elle s’en tire avec beau­coup d’es­prit sous la forme d’ar­ticles qui ne s’ar­rêtent pas à la no­tice bio­gra­phique. Ce sont le plus sou­vent de vé­ri­tables pe­tits es­sais fi­ne­ment ci­se­lés sur les thèmes de l’ab­di­ca­tion, de l’as­sas­si­nat, du bal mas­qué, de l’af­faire du Col­lier, de la Côte d’Azur, de la fo­lie, du ma­riage d’amour ou des amants, le texte le plus long de ce dic­tion­naire. Na­po­léon Ier y a sa place comme le plus grand créa­teur de reines : quatre à son ac­tif, plus deux im­pé­ra­trices. Avec ce go­tha per­son­nel, Eve­lyne Le­ver des­sine les contours d’une autre forme de pou­voir dans l’His­toire. Peut-être parce que les femmes, reines ou pas, l’ont moins exer­cé que les hommes…

Ch­ris­tine de Suède et Re­né Des­cartes, pein­ture du XVIIe siècle.

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