Eloge du LSD

SGT. PEP­PER’S LO­NE­LY HEARTS CLUB BAND, DES BEATLES (CAPITOL).

L'Obs - - CRITIQUES - FA­BRICE PLISKIN

La réé­di­tion de « Sgt Pep­per’s » est l’oc­ca­sion de cé­lé­brer la chan­son « A Day in the Life ». L’ama­teur y trou­ve­ra une pas­sion­nante ver­sion de tra­vail de ce chef-d’oeuvre qui re­quit, entre jan­vier et fé­vrier 1967, quelque 35 heures de tra­vail, sans par­ler du LSD, du can­na­bis, de l’hé­roïne et de la co­caïne, au stu­dio d’Ab­bey Road. C’est le mor­ceau qui, par son in­dé­pas­sable grâce, plon­gea le Beach Boy Brian Wil­son dans une longue dé­pres­sion et un res­sen­ti­ment es­thé­tique sans fond. Avec une ly­rique vé­né­ra­tion, Bo­wie en ci­te­ra un ex­trait dans les choeurs de « Young Ame­ri­cans » (1975) : « I heard the news to­day oh boy ». Dans « A Day in the Life » s’en­tend dé­jà peut-être aus­si le sens mé­lo­dique du meilleur Pol­na­reff (« le Bal des Laze », 1968). Maints com­men­ta­teurs s’ac­cordent à voir dans ce Bu­ckin­gham mu­si­cal une chan­son sur le LSD et ce qu’on pour­rait ap­pe­ler le de­voir de rêve. Len­non y évoque, entre autres, l’ac­ci­dent de voi­ture de Ta­ra Brown, un jeune mil­lion­naire ama­teur de drogues, proche des Beatles, tué dans sa Lo­tus Elan bleue après avoir per­cu­té un mi­ni­van dans le dis­trict de South Ken­sing­ton, à Londres. Faut-il rap­pe­ler que la mère de Len­non mou­rut ren­ver­sée par la Stan­dard Van­guard d’un po­li­cier sur Men­love Ave­nue, à Li­ver­pool ?

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