Au­tant en em­porte le Sud

APRÈS L’IN­CEN­DIE, PAR RO­BERT GOOLRICK, TRA­DUIT DE L’AN­GLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR MA­RIE DE PRÉMONVILLE, ANNE CAR­RIÈRE, 348 P., 22 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - C. J.

Une splen­dide pro­prié­té en Vir­gi­nie au dé­but du siècle, une jeune fille ir­ré­sis­tible prête à tout pour sau­ver les siens de la ruine, ce nou­veau Goolrick évoque d’em­blée « Au­tant en em­porte le vent ». Ce­pen­dant, le pré­ten­dant qui cour­tise Dia­na Co­oke lors de son pre­mier bal n’a pas le charme d’un Rhett But­ler. Le Ca­pi­taine Cop­per­ton est certes riche et flam­boyant, mais on le de­vine cruel, violent. Qu’im­porte, Dia­na ac­cepte sa de­mande en ma­riage. Pour elle, le prince char­mant n’est pas des­ti­né à la rendre heu­reuse mais à sau­ver les 2 000 hec­tares de Sa­ra­to­ga, les­tée de dettes co­los­sales. Tout son uni­vers tourne au­tour de ce do­maine construit en 1784 qu’au­tre­fois des cen­taines d’es­claves rê­vèrent de voir ré­duit en cendres. De­puis, une ma­lé­dic­tion semble frap­per ses oc­cu­pants. Comme pré­vu, le ma­riage de Dia­na se­ra ca­la­mi­teux. Elle fi­nit pour­tant par dé­cou­vrir la pas­sion sous les traits d’un jeune homme. A tra­vers l’his­toire d’une mai­son bâ­tie sur les larmes, l’au­teur de « Fé­roces » nous parle d’une dette de sang, celle de l’Amé­rique en­vers le peuple noir.

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