L’été 65

AU­CUN ÉTÉ N’EST ÉTERNEL, PAR GEORGES-OLI­VIER CHÂTEAUREYNAUD, GRASSET, 336 P., 20 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - CLAIRE JUL­LIARD

C’est le livre à em­por­ter en va­cances, une épo­pée beat­nik lu­mi­neuse et tra­gique, un ré­cit d’ini­tia­tion vi­brion­nant, quoique bai­gné de nos­tal­gie. Ay­mon, le hé­ros de 18 ans, étouffe entre un père no­na­gé­naire mou­rant et une mère ac­ca­pa­rante. C’est l’été 1965 et ce « fils de vieux » trop cou­vé rêve de hu­mer « l’at­mo­sphère hé­roïque du voyage ». Il part en Grèce avec Cé­cile, une ca­ma­rade de ly­cée. A Athènes, il ren­contre Cre­vard le rou­tard, Naze le ta­toué, Heinz le dea­ler, An­ji l’ano­rexique et Ki­lian le gui­ta­riste. Les jours s’écoulent au rythme des amours de pas­sage, des soi­rées ar­ro­sées, des joints. Ay­mon dé­couvre le sexe dans les bras de Cé­cile. Celle-ci le trompe avec Heinz. Tant pis, il se console ailleurs. Le groupe s’épar­pille, se re­trouve, re­prend la route. Di­rec­tion Tan­ger puis Londres. Des drames ja­lonnent le pé­riple. Trop d’ex­cès en tout genre. Vient l’heure de la dis­per­sion. Ay­mon, li­vré à lui­même, s’in­ter­roge sur son de­ve­nir. Et si la vraie vie était à Pa­ris ? « On ne part pas. – Re­pre­nons les che­mins d’ici », écri­vait Rim­baud. Châteaureynaud signe le ro­man d’une gé­né­ra­tion, celle des uto­pies com­mu­nau­taires. Celle des coups de fo­lie fu­gaces et des dés­illu­sions te­naces.

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