Al­ler simple Aa­rhus, le bon­heur brut

La deuxième ville du Danemark a dé­cro­ché le titre de ca­pi­tale eu­ro­péenne de la culture 2017. L’oc­ca­sion de dé­cou­vrir cette ci­té au bord de la Bal­tique

L'Obs - - Sommaire - Par NA­THA­LIE FUNÈS

Elle a été dé­si­gnée en 2015 « ville la plus heu­reuse du Danemark ». Fes­tive, jeune, éco­lo, so­li­daire, la deuxième (et plus an­cienne) ci­té du pays cultive le très en­vié art de vivre scan­di­nave. Ni­chée de­puis plus de mille trois cents ans dans les val­lées vertes du Jut­land, au bord des eaux froides du Cat­té­gat, Aa­rhus, qui fut l’un des pre­miers grands ports vi­kings, semble en­core hé­si­ter entre ses loin­taines ori­gines et sa jeu­nesse, avec ses 40 000 étu­diants. Un pied dans le pas­sé, un autre dans le fu­tur, à l’image du thème qu’elle a choi­si comme ca­pi­tale eu­ro­péenne de la culture 2017 : re­pen­ser le monde du xxie siècle, « Let’s Re­think », au­tour de 160 ani­ma­tions et ma­ni­fes­ta­tions.

MU­SÉES D’HIER ET DE DE­MAIN

Les deux mu­sées phares d’Aa­rhus in­carnent eux aus­si ce double vi­sage de la ville. Il faut al­ler se perdre dans les ruelles de Den Gamle By (« la Vieille Ville ») qui s’étale entre la rue de Vi­borg­vej et le Jar­din bo­ta­nique. Soixante-quinze mai­sons, construites entre le xvie siècle et les an­nées 1970 dans tout le pays, ont été pa­tiem­ment dé­mon­tées puis re­mon­tées ici, avant d’être meu­blées et rem­plies d’ob­jets d’époque, de la table en bois à la cui­sine en For­mi­ca. Dans ce mu­sée à ciel ou­vert du Danemark, on se pro­mène à tra­vers les siècles entre les fermes, les mai­sons bour­geoises, et les po­ta­gers où poussent des lé­gumes et des fruits ou­bliés.

Chan­ge­ment d’époque, à un quart d’heure à pied, avec ARoS, le mu­sée des beaux-arts. Un « dia­mant blanc » de huit étages, sur­mon­té du Your Rain­bow Pa­no­ra­ma de l’ar­tiste da­nois Ola­fur Elias­son qui offre une pro­me­nade cir­cu­laire et une vue sur toute la ville. Il ne faut pas y man­quer le « Boy » du sculp­teur aus­tra­lien Ron Mueck, une sculp­ture hy­per­réa­liste de 5 mètres de hau­teur, ins­pi­rée du monde abo­ri­gène.

FO­RÊTS ET ICEBERGS

A quinze mi­nutes à vé­lo, la fo­rêt de Mar­se­lis­borg offre ses arbres plu­sieurs fois cen­te­naires, ses san­gliers, ses plages à perte de vue et son châ­teau, agré­men­té d’un jar­din de roses, ré­si­dence d’été de la reine Mar­grethe. Les ama­teurs de pay­sages ur­bains lui pré­fé­re­ront la ba­lade au­tour du port, avec sa plage ar­ti­fi­cielle et ses « icebergs », des im­meubles d’ha­bi­ta­tion en bé­ton blanc dont les toits poin­tus évoquent des som­mets en­nei­gés.

RI­VIÈRE VI­KING ET QUAR­TIER LA­TIN

Le soir, il faut al­ler boire un verre le long du ca­nal (pho­to), une an­cienne ri­vière uti­li­sée du temps des Vi­kings, sur Abou­le­var­den, et s’ins­tal­ler jus­qu’à la nuit tom­bée sur les ter­rasses tou­jours bon­dées du Rö­mer ou du Ca­fé Vig­go. Puis al­ler dî­ner au quar­tier La­tin, un des plus an­ciens quar­tiers de la ville, au Ca­fé En­glen, pour bé­né­fi­cier de son agréable ter­rasse ar­bo­rée, ou au Gas­tro­no­mé, un des quatre res­tau­rants étoi­lés de la ville, ré­pu­té pour ses pois­sons.

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