ALCOOLS PAR GUILLAUME APOL­LI­NAIRE

L'Obs - - Critiques - GRÉ­GOIRE LEMÉNAGER

Edi­tions des Saints Pères, 496 p., 169 eu­ros.

Vous re­pren­drez bien quelques vers d’« Alcools » ? La tour­née gé­né­rale n’est pas don­née, mais elle est ser­vie, à la main, par Apol­li­naire lui-même, grâce à ce vo­lume qui ras­semble les fac-si­mi­lés de ma­nus­crits et d’épreuves de son chef-d’oeuvre de 1913. On y voit no­tam­ment un des plus grands poèmes du xxe siècle, « Zone », s’ou­vrir à tâ­tons sur du ro­man­tisme ra­tu­ré : « Je n’ai ja­mais vé­cu que dans un monde an­cien. » Puis sur une rage grif­fon­née : « Je suis écoeu­ré de vivre en ce monde an­cien/ L'Eu­rope laide et far­dée comme une vieille pu­tain. » Et abou­tir à cet alexan­drin punk, qui vous at­trape l’âme pour ne plus ja­mais la lâ­cher : « A la fin tu es las de ce monde an­cien. »

Guillaume Apol­li­naire en 1913.

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