L’art sur un fil

CHIHARU SHIOTA. DES­TI­NA­TION, GA­LE­RIE DANIEL TEMPLON, PA­RIS-3E ; 01-42-72-14-10 . JUS­QU’AU 22 JUILLET.

L'Obs - - Critiques - B. G.

Les ins­tal­la­tions de cette ar­tiste ja­po­naise en­ve­loppent le vi­si­teur dans un ré­seau de fils de cou­leurs dont il est im­pos­sible d’iden­ti­fier l’ori­gine. Sur le sol, le sque­lette d’une em­bar­ca­tion dont les ner­vures semblent comme les os d’un être hu­main est vide de tout oc­cu­pant. Es­telle échouée ou bien at­tend-elle de prendre le dé­part vers des ho­ri­zons pleins de pro­messes ? Le na­vire re­pose sous un en­tre­lacs spec­ta­cu­laire de fils rouges : leurs ré­seaux, sem­blables à ceux d’une toile d’arai­gnée, forment des grottes aux pa­rois fra­giles et im­pro­bables. Elle re­crée aus­si ces ré­seaux fi­laires sur des sur­faces planes, créant l’illu­sion de tableaux ani­més par la cir­cu­la­tion géo­mé­trique de ces fi­la­ments écar­lates. Pour l’ar­tiste, ces cons­truc­tions arach­néennes (qu’elle met éga­le­ment en oeuvre dans des sculp­tures) sym­bo­lisent la com­plexi­té des rap­ports hu­mains. C’est une fa­çon de voir. Mais est-ce bien suf­fi­sant ?

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