Cy­rill Gutsch

Il a réus­si le pa­ri de rendre le re­cy­clage ten­dance. A tra­vers son or­ga­ni­sa­tion, Par­ley for the Oceans, cette star du de­si­gn com­bat la pol­lu­tion des océans

L'Obs - - Les Tendances De "L'obs" - Par ELVIRE EMPTAZ

QUI EST IL ?

On le ren­contre sur une plage de sable blanc de Tu­lum, au Mexique. Vê­tu tout de noir, cheveux longs et lisses ra­mas­sés en queue-de­che­val, lu­nettes im­po­santes… Cy­rill Gutsch, 46 ans, n’a pas le phy­sique de l’em­ploi. Il dé­fend le sort des océans ra­va­gés par la pol­lu­tion au plas­tique, à tra­vers sa fon­da­tion Par­ley for the Oceans. Son ob­jec­tif : « Edu­quer sans culpa­bi­li­ser. » « Nous sen­si­bi­li­sons l’opi­nion pu­blique, en nous as­so­ciant à des marques. Avec Adi­das, nous avons fait une bas­ket en plas­tique re­cy­clé des océans. Au Mexique, nous pré­sen­tons une col­la­bo­ra­tion avec Co­ro­na. L’in­dus­trie de la bois­son est très pol­luante. » Il donne aus­si des confé­rences avec des ora­teurs cé­lèbres comme le pho­to­graphe David La­Cha­pelle ou Phar­rell Williams. « Ce que j’aime avec Cy­rill, c’est qu’il fait de nous une par­tie de la so­lu­tion. J’ai pas­sé trois jours en ba­teau avec lui, à dé­cou­vrir le tra­vail de Par­ley. Ils m’ont d’abord to­ta­le­ment dé­pri­mé sur l’état des océans, avant de me faire com­prendre que je pou­vais agir à mon échelle ! » ra­conte le réa­li­sa­teur

Die­go Lu­na, pré­sent à Tu­lum en tant qu’am­bas­sa­deur de Par­ley.

D’OÙ VIENT IL ?

« J’ai gran­di à Fri­bourg, dans la Fo­rêt-Noire. Mon père est ar­chi­tecte, ma mère, in­fir­mière, le reste de la famille est dans le com­merce, c’est de là que je tiens ce cô­té en­tre­pre­neu­rial. » Cy­rill Gutsch lance sa pre­mière marque de snow­boards à 16 ans, puis une bois­son éner­gi­sante l’an­née sui­vante. « J’ai eu la chance de re­ce­voir la créa­ti­vi­té en hé­ri­tage et de com­prendre très tôt que je sa­vais concré­ti­ser mes idées. » Il de­vient de­si­gner free-lance, puis étend ses com­pé­tences à la concep­tion de la stra­té­gie glo­bale pour de grandes mai­sons. « J’étais comme beau­coup, dans une course e ré­née pour être le meilleur, ga­gner le plus de ré­com­penses et d’ar­gent. En 2008, au mo­ment de la crise, j’ai chan­gé de vie. Ce chaos était pa­ra­doxa­le­ment re­laxant pour moi. La des­truc­tion fait par­tie du pro­ces­sus créa­tif. »

QUE FAIT IL ?

C’est une ren­contre avec le ca­pi­taine Paul Wat­son, fon­da­teur du groupe d’ac­ti­vistes Sea She­pherd, qui met fin à ses quatre ans de pause. « Il m’a dit qu’à ce rythme les océans al­laient se vi­der des pois­sons que nous consom­mons d’ici à 2048. J’ai été au­tant cho­qué par cette pré­vi­sion que par le fait que l’in­for­ma­tion m’avait to­ta­le­ment échap­pé ! » En 2012, il lance le mou­ve­ment Par­ley. Gutsch choi­sit avec at­ten­tion ses par­te­naires et re­fuse de s’as­so­cier avec les gri es de fast fa­shion, car il ne croit pas en ce mo­dèle. De Co­ro­na à Stel­la McCart­ney, ses par­te­naires com­mencent par s’en­ga­ger à n’uti­li­ser que du plas­tique re­cy­clé. Le qua­dra a conscience que le che­min est en­core long, mais reste po­si­tif. « Nous avons réus­si à dé­truire le monde en cin­quante ans, ce­la prouve que nous pou­vons agir. Pour­quoi ne pas in­ver­ser le cours des choses en le ré­pa­rant ? »

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